La
prévision numérique du temps
est une discipline très jeune puisqu'elle s'est développée
au cours de la seconde moitié du 20ème siècle
bénéficiant
de façon continue des progrès en matière d'outils informatiques.
Les techniques mises en oeuvre permettent de résoudre, avec les méthodes
de calcul numérique, les équations décrivant le comportement
de l'atmosphère, c'est à dire de déterminer
les valeurs
futures de ses grandes caractéristiques en partant de valeurs initiales
connues grâce aux observations météorologiques
Les modèles numériques construits sur ce principe
sont ainsi devenus les outils indispensables de la prévision du temps,
supplantant progressivement les méthodes fondées sur
l'application
de règles de déplacement et d'évolution de structures atmosphériques
identifiables (les centres d'action et les fronts)
La construction d'un modèle numérique
d'atmosphère comprend 2 étapes distinctes :
- la
1ère consiste à établir un système d'équations
non linéaires
- alors que la seconde dite de numérisation consiste
à remplacer les équations portant sur des variables continues par
des équations
portant sur des variables discrètes et dont les
solutions sont obtenues au moyen d'un algorithme approprié
La
mise en oeuvre de l'algorithme implique de disposer d'un outil de calcul très
puissant,
ce qui explique les progrès de la prévison numérique
lors de l'explosion du développement des ordinateurs
Enfin
la prévision météorologique
réalisée par les prévisionnistes avec l'aide des modèles
numériques doit également ses succès à la mise en
oeuvre et au fonctionnement
du Système mondial d'observation météorologique
qui repose à la fois sur des mesures conventionnelles et sur des mesures
satellitaires et
qui permet d'obtenir, de façon perfectible certes
mais néanmoins efficace, une description de l'atmosphère à
un instant initial donné
Cependant
l'une des sources d'erreur qui limitent la prévisibilité
est l'inexactitude des données d'observation
qui définissent ce qu'on appelle l'état
initial de l'atmosphère
sur lequel on se fonde pour procéder
au départ aux calculs.
Afin de pallier à ces inexactitudes on
réalise plusieurs états initiaux, obtenus chacun en imposant aux
données observées de petites variations, plus petites que les erreurs
normales de mesure ou d'interpolation.
Puis à partir de chacun des
états initiaux on lance le calcul des états futurs de l'atmosphère
: pour une échéance donnée on obtient donc autant d'états
futurs que l'on a réalisé de variantes de l'état initial.
On en déduit dans un premier temps une moyenne de ces prévisions
puis on lui compare les cartes issus de ces calculs pour une même date et
une même heure en utilisant une méthode de regroupement par classes
: toutes les prévisions proches de la moyenne forment un amas central
des prévisions qui servira de base à la prévision annoncée
tandis que les prévisons qui s'écartent de cette moyenne sont regroupées
en classes appelées des tubes
Depuis
1988 on essaie de prendre en compte non seulement les erreurs issues des conditions
initiales mais aussi celles dues à la transcription des phénomènes
physiques régissant le comportement de l'atmosphère.
Un autre
axe de recherche en matière de prévision d'ensemble est l'approche
multimodèle qui consiste à combiner les solutions proposées
par différents modèles pour une même échéance
Ainsi
pour alimenter ces modèles en données, des observations sont
effectuées régulièrement,en général 8 par jour,
pour surveiller l'atmosphère et détecter les phénomènes
dangeureux dans plus de 10 000 stations météorologiques autour du
globe à la même heure UTC -Temps universel
coordonné-
Les
observations terrestres sont complétées par des observations
en mer (bateaux, bouées dérivantes)
Cependant les phénomènes
météorologiques se manifestent dans toute la troposphère
(couche la plus basse de l'atmosphère qui s'étend jusqu'à
15 km d'altitude) et non seulement au voisinage du sol c'est pourquoi on envoie
des ballons équipés de sondes -ce sont les radiosondages-
Les météorologues disposent de plus des radars qui ont pour
rôle de détecter les précipitations (et qui permettent donc
de détecter le centre d'un cyclone) avec une portée maximum de 400km,
d'avions de reconnaissance (aux USA) et de satellites qui permettent
de localiser les masses nuageuses des perturbations tropicales
Ainsi
toute prévision météorologique commence par l'analyse
de la situation
L'analyse d'une perturbation tropicale consite
à faire la synthèse de toutes les observations disponibles afin
de déterminer la position de la perturbation et d'estimer son intensité
Le suivi d'une perturbation permet ensuite de déterminer son mouvement
présent c'est à dire son cap (direction) et sa vitesse de déplacement
Ces 2 éléments seront essentiels pour prévoir son évolution
à court terme
Enfin la prévision proprement dite consiste
à prévoir la trajectoire de la perturbation
et son intensité
La prévision de trajectoire utilise
diverses techniques qui prennent en compte l'environnement de la perturbation,
son mouvement présent, mais aussi des donnés statistiques sur leurs
trajectoires habituelles dans la région concernée
Par ailleurs
le prévisionniste dispose
de modèles de prévision numérique
qui a pour objectif de prévoir l'évolution
des paramètres atmosphériques en se basant sur les équations
physiques de l'atmosphère
Cette dernière y est représentée
de manière simplifiée sous forme de points de grille à différents
niveaux d'altitude. Le modèle est initialisé à partir des
observations météo à un temps donné. La résolution
des équations se fait par mesure de temps de quelques minutes. Les résultats
sont visualisés sous formes de cartes de vent, de température ou
d'humidité à différents niveaux
Déterminer la
trajectoire demeure l'aspect le plus délicat de la prévision avec
des marges d'erreurs de 100km à 12h, 200 km à 24h et de 350 km à
48h
La
prévision de l'intensité repose sur la méthode
de Dvorak qui permet d'estimer au mieux l'intensité
présente d'une perturbation et donne des éléments pour prévoir
son évolution. L'étude de l'environnement météo
au moyen des modèles numériques permet de déceler une tendance
à l'affaiblissement ou l'intensification des sytèmes
Afin de prévoir
l'intensité et la trajectoire des cyclones tropicaux les
centres météorologiques spécialisés utilisent donc
des modèles mathématiques qui tournent sur des ordinateurs (par
ex : le NHC utilise un IBM R/S 6000 SP System)
Ces modèles représentent le futur mouvement et l'intensité
du cyclone tropical et son environnement d'une façon très simple
Ensuite les prévisionnistes spécialisés dans les cyclones
interprètent les résultats des modèles et arrive à
donner une prévision d'intensité et de trajectoire qu'il distribue
au public sous forme d'avis (les "advisories")
Les modèles de prévision de trajectoire
et d'intensité
sont souvent de 3 ordres :
statistique,
dynamique ou une combinaison des 2 (le NHC utilise ces 3 types
de modèles mathématiques)
Le
modèle statistique :
Il
repose sur la répétitivité dans
l'espace et le temps des trajectoires des cyclones : ainsi
le programme recherche dans sa base de données les autres cyclones ayant
eu la même position au même moment de l'année, donc ceux ayant
les caractéristiques les plus proches du cyclone
étudié
Ce programme ne tient pas compte des facteurs climatiques
actuels qui peuvent être différents
Ces modèle s'appellent :
CLIPER
: outre la CLIimatologie il utilise la PERsistance : les prédictions de
CLIPER incluent la latitude & la longitude initial du cyclone, la direction
qu'il prend, le jour de l'année, et son intensité initiale. Les
prévisions de CLIPER sont utilisées pour normaliser les données
provenant des autres modèles de prévisions. C'est le modèle
utilisé par le plus de logiciels commerciaux pour la chasse aux cyclones
Météo France Réunion utilisait le modèle
MOCCANA qui aujourd'hui n'est plus en vigueur, mais
à l'heure actuelle des chercheurs de Météo France planchent
sur un futur modèle numérique applicable à l'Océan
Indien.
Le
modèle dynamique :
Il
utilise les résultats de données atmosphériques
globales pour prévoir la trajectoire du cyclone. Le principe
est d'étudier le cyclone dans sa seule réalité météorologique
du moment. Ainsi le modèle prend en compte différents paramètres
: vents, températures, humidité, pression atmosphérique de
l'atmosphère dans lequel le cyclone évolue
Ces modèles
dynamiques utilisent les lois de la physique qu'ils appliquent à l'atmosphère
pour prévoir la trajectoire future du cyclone
Ces modèles prennent
en compte 6 équations basiques :
-
3 sont hydrodynamiques
lesquelles utilisent la seconde loi de Newton pour trouver les courants horizontaux
et verticaux du vent causés par les différences de pression d'air,
la gravité, la friction et la rotation de la Terre
-
2 sont thermodynamiques
qui calculent les changements de température causés par l'évaporation
de l'eau
-
la
dernière équation connu comme l'équation continuité
qui tente d'expliquer les volumes d'air qui sortent ou entrent dans la zone spécifiée
L'une de ses formes de modèle
est le modèle barotropique qui utilise
seulement les vents horizontaux : or souvent dans un système de
dépression l'air chaud ou froid se déplace (en montant ou en descendant)
à travers les lignes d'égales pression atmosphérique (isobars)
alors ce modèle devient inutilisable. C'est pourquoi quand les lignes d'égale
T° et d'égale pression se croisent les unes les autres on alors un
atmosphère de type barocline
Ce modèle
barocline utilise une grille tri-dimensionnelle de l'atmosphère
divisé en une multitude de points couvrant la surface de la Terre. Des
observations sont alors réalisées quant aux vents, à la pression
de l'air, à l'humidité et à la T°, données qui
sont ensuite rentrées dans l'ordinateur et le modèle crée
alors une prévision de trajectoire. Plus il y aura de points plus la prévison
sera fine
Comme modèles
numériques de prévision du temps nous avons ainsi :
AVN ou Aviation Model
est fournit par le NCEP -National Centers for Environnemental Prediction
MRF (Medium Range Forecast) modèle. Le MRF
est un modèle global d'atmosphère de 28 niveaux ce qui signifie
qu'il utilise des données de 28 niveaux de l'atmosphère sur le globe
entier. Une prévision de trajectoire jusqu'à 72h est fournit par
ce modèle AVN/MRF
Le
GFDL (Geophysical Fluid Dynamics Laboratory )
est une modèle barocline à zone limitée. Il a été
developpé pour la prédiction des cyclones. Les données initiales
proviennent de l'Aviation tiré du modèle MRF
Le
GHM -le GFDL Multiply Nested Moveable Mesh
Hurricane Model est un modèle barocline de prévision de trajectoire.
Le modèle donne aussi des prévisions expérimentales d'intensité.
Le GHM a été développé par le NOAA's Geophysical
Fluid Dynamics Laboratory à l'université de Princeton
Le
GUNS Ensemble - une moyenne du GFDL, du UKMET Office et du NOGAPS
modèles. James Goerss du Naval Research Laboratory à Monterey
en Californie a démontré qu'un simple consensus entre ces 3 modèles
était plus fiable à 20 % sur 24h, 48h & 72h qu'un simple modèle.
Le NHC a confirmé ces résultats et a doublé l'ensemble "GUNS"
utilisant les initiales des 3 modèles. Les prévisions consensuelles,
en moyenne, sont souvent plus précises que les prévisions provenant
des modèles individuels
Le
BAM (Beta and Advection Model) pour lequel la trajectoire suit le
vent moyen extrapolé du modèle aéronautique (AVN ou Aviation)
entre 2 niveaux isobariques. Elle démarre de la position initiale de la
tempête et on lui applique une correction qui tient compte de l'effet beta.
Il y a 3 versions pour ce modède :
- une pour les basses
couches (BAMS -Shallow) entre 850 et 700hPA
-
une pour les couches moyennes (BAMM- Medium) entre
850 et 400 hPA
- une pour les couches profondes (BAMD
-Deep) entre 850 et 200hPA :
Depuis 1990 ces 3 versions de ce modèle
tournent 4 fos par jours (00,06,12,18 UTC) avec des données initiales provenant
du modèle Aviation tiré du MFR Modèle afin de fournir une
prévision de trajectoire. Pour un faible cyclone sans un mur de l'oeil
étendu profondément dans l'atmosphère ou pour une dépression
tropical la BAMS version est le modèle qui fonctionne le mieux parce les
cyclones de cette nature ont tendance à être dirigé par des
vents de moyenne surface. Dès que les cyclones grossissent et que le mur
de l'oeil devient de plus en plus épais les autres versions deviennent
plus fiables
LBAR
(Limited area BARotropic) : ce modèle est un modèle de trajectoire
de prévision à 2 dimensions dont les premières données
initiales proviennent de l'Aviation tiré du modèle global MRF
Le
modèle statico-dynamique :
Dans
les années 70 la combinaison des 2 modèles fut développée
comme modèle global et commença à faire des prévisions
dans les régions tropicales
NOGAPS
Naval Operational Global Atmospheric Prediction System est un modèle global
UKMET
(United Kingdom Meteorological Office) : comme
le NOGAPS & MRF est un modèle global
Le
NHC 98 : c'est le 6ème d'une séries
de modèles qui est une combinaison statistique et dynamique de modèle
qui utilise les données provenant de CLIPER avec une combinaison de données
provenant de l'AVN (Aviation) issu du MRF modèle
Le NHC
98 tourne 4 fois par jour; les heures synoptiques de base pour les prévisions
sont 00 et 12 UTC
Les
modèles d'intensité
Le
SHIPS -Statistical Hurricane Intensity Prediction
Scheme Model est un modèle de prévision d'intensité statisco-dynamique.
Ce modèle a été developpé en utilisant la climatologie,
la persistance et des prédicateurs synoptiques.
Les estimations d'intensité
sont faites pour des périodes de 12h jusqu'à 78h. Ce modèle
utilise les données de cylones antérieurs.
Semblable
au modèle de prévision de trajectoire CLIPER le modèle
de statistique de prévision d'intensité le SHIFOR-Statistical
Hurricane Intensity FORecast est utilisé pour les prévisions de
changement de l'ntensité mais reste peu fiable
Pour
des infos supplémentaires sur les modèles de prévisions :
site Weather