| Les
7 zones géographiques |
L'Organisation
météorologique mondiale (l'O.M.M.) coordonne
la veille cyclonique au plan international
Elle a désignée
dans chaque bassin océanique un centre météorologique
spécialisé
On
distingue 7 zones géographiques
ou bassins affectées par les cyclones tropicaux dans
le Monde :
 |
bassin Atlantique
Nord (2) avec Golfe du Mexique & Mer Caraibe |
| bassin
Pacifique Nord-Ouest (5) |
|
bassin Pacifique
Nord Est (1) |
|
bassin Océan
Indien Nord (4) avec Baie Bengale & Mer d'Arabie |
| bassin
Océan Indien Sud-Ouest (3) |
|
bassin Australie/
Pacifique Sud-Ouest (7) |
|
bassin Océan
Indien Sud-Est/Australie (6) |
Ainsi
6 centres météos spécialisés
régionaux (appelés RSMC
: Regional Specialized Meteorology Center)
et 5
centres d'avertissements des cyclones tropicaux (appelés
TCWC : Tropical Cyclone Warning Center)
sont
chargés de détecter, surveiller et élaborer des prévisions
cycloniques :
 |
- RSMC
Miami : le National Hurricane Center (N.H.C)
ou Tropical Prediction Center (T.P.C.) s'occupe
du bassin Atlantique (avec la Mer des Caraibes & Golfe du Mexique) et du bassin
Pacifique Nord-Est
- RSMC
Honolulu (iles Hawai) : le Central Pacific Hurricane
Center (C.P.H.C) a en charge le bassin Océan Pacifique Est
- RSMC
Tokyo : le Japan Meteorological Agency surveillant
les typhons du bassin Océan Pacifique Nord-Ouest
- RSMC
Nadi (Iles Fidji) : le Fidji Meteorological Service
couvre une partie du bassin Océan Pacifique Sud
- RSMC
New Dehli
:l'India Meteorological Department s'occupe
du bassin Océan Indien Nord
- RSMC
La Réunion : Météo France
gérant le bassin l'Océan Indien Sud-Ouest
- TCWC
Darwin, TCWC Perth, TCWC Brisbane, TCWC Port Moresby : l'Australian
Bureau of Meteorology (B.O.M) s'occupant du bassin Pacifique Sud-Ouest
et du bassin Océan Indien Sud-Est
- TCWC
Wellington : le Meteorological Service of New
Zealand couvre une partie du bassin Océan Pacifique Sud
Ainsi
ces RSMC et TCWC s'occupent en tout de 12 zones puisque le RSMC de Miami
s'en occupe de 2
| Bassin |
Période |
Nbre
de mois | Pic
d'activité |
|
Atlantique |
du 1er juin au
30 novembre | 6
mois | 1er
quinzaine de septembre |
|
Pacifique
Nord-Est | de
fin mai à début novembre | 5
mois | fin
aôut - début septembre |
| Pacifique
Nord-Ouest | toute
l'année | 12
mois | entre
juillet et novembre |
|
Océan
Indien Nord | d'avril
à décembre | 9
mois |
en mai et novembre |
|
Océan
Indien Sud-Ouest Australie/Océan Indien Sud-Est |
fin octobre jusqu'à
fin mai | 7
mois | à
la mi-janvier et début mars |
| Australie/Océan
Pacifique Sud-Ouest | fin
octobre à mai | 6
mois | entre
février et début mars |
Sur
l'ensemble de la planète septembre est le mois le plus actif et mai celui
où l'activité cyclonique est la plus faible
|
Les modèles de prévisions
numériques |
Toute
prévision météorologique commence par l'analyse de la
situation
L'analyse d'une perturbation tropicale consiste à faire
la synthèse de toutes les observations disponibles afin de déterminer
la position de la perturbation et d'estimer son intensité
Le suivi
d'une perturbation permet ensuite de déterminer son mouvement présent
c'est à dire son cap (direction) et sa vitesse de déplacement. Ces
2 éléments seront essentiels pour prévoir son évolution
à court terme
Enfin la prévision proprement dite consiste
à prévoir la trajectoire de la perturbation et son intensité
La
prévision de trajectoire utilise diverses techniques qui prennent
en compte l'environnement de la perturbation, son mouvement présent, mais
aussi des donnés statistiques sur leurs trajectoires habituelles dans la
région concernée
Par ailleurs le prévisionniste dispose
de modèles de prévision numérique qui ont pour objectif
de prévoir l'évolution des paramètres atmosphériques
en se basant sur les équations physiques de l'atmosphère
Cette
dernière y est représentée de manière simplifiée
sous forme de points de grille à différents niveaux d'altitude
Le modèle est initialisé à partir des observations météo
à un temps donné
La résolution des équations se
fait par mesure de temps de quelques minutes
Les résultats sont visualisés
sous formes de cartes de vent, de température ou d'humidité à
différents niveaux
Déterminer la trajectoire demeure l'aspect
le plus délicat de la prévision avec des marges d'erreurs de 100km
à 12h, 200 km à 24h et 350 km à 48h
La
prévision de l'intensité repose sur la méthode
de Dvorak qui permet d'estimer au mieux l'intensité présente
d'une perturbation et donne des éléments pour prévoir son
évolution
L'étude de l'environnement météo au
moyen des modèles numériques permet de déceler une tendance
à l'affaiblissement ou l'intensification des sytèmes
Les
modèles de prévision prévus pour définir les
trajectoires et ceux pour définir leurs intensités
ne sont pas les mêmes.
Si une
large variété de modèles de prévisions
de trajectoire de cyclone est utilisée de manière opérationnelle
pour chaqu'un des bassins océaniques il n'existe que
peu de modèles de prévision d'intensité
Dans ce paragraphe
nous allons prendre pour exemple le bassin Atlantique où office
le RSMC Miami avec le TPC ou NHC :
Ainsi plusieurs modèles
de prévisions de trajectoire sont utilisés
simultanément :
- le
modèle de base utilisé pour
normaliser les données provenant d'autres modèles de prévision
et comparer les modèles entre eux est CLIPER
(CLImatologie et PERsistance)
- le
modèle satistico-dynamique,
NHC 98 utilise les données provenant de CLIPER en combinant
des données provenant du modèle aéronautique (AVN ou Aviation)
elles-mêmes tirés du MRF modèle pour produire une trajectoire
prévue 4 fois par jour
- le
modèle Beta et Advection (BAM) pour
lequel la trajectoire suit le vent moyen extrapolé du modèle aéronautique
(AVN ou Aviation) entre 2 niveaux isobariques. Elle démarre de la position
initiale de la tempête et on lui applique une correction qui tient compte
de l'effet beta. Il y a 3 versions pour ce moèdle : une pour les basses
couches (BAMS) entre 850 et 700hPA, une pour les couches moyennes (BAMM) entre
850 et 400 hPA, une pour les couches profondes (BAMD) entre 850 et 200hPA : depuis
1990 ces 3 versions de ce modèle tournent 4 fois par jours (00,06,12,18
UTC)
- un modèle
barotropique LBAR emboité de prévision de trajectoire
de cyclone VICBAR tourne 4 fois par jour depuis
1989
- les modèles
NCEP (National Center For Environmental Prediction)
Aviation and MRF (Medium Range Forecast) sont utilisés
depuis la saison cyclonique de 1992 : ce sont des modèles globaux
- un
modèle 3D à maille variable
connu sous le nom du modèle GFDL (Geophysical
Fluid Dynamics Laboratory) fourni des prévisions depuis 1992
- le
United Kingdom Meteorological global model -UKMET
est utilisé pour les prévisions cycloniques dans le monde entier.
le NHC de Miami recoit ses données depuis 1996
- Le
United States Navy Operational Global Atmospheric Prediction
Systems (NOGAPS) est un modèle
global qui a connu de bons résultats. Ce modèle est en opération
au NHC depuis 1996
Avec
ses modèles des prévisions sont établies, mais il existe
toujours une marge d'erreurs de 100km à 12h, 200 km à 24h
et 350 km à 48h
A
l'inverse il y a peu de modèle de prévisions d'intensité
disponible :
- semblable
au modèle de prévision de trajectoire CLIPER le modèle
de statistique de prévision d'intensité le SHIFOR-Statistical
Hurricane Intensity FORecast est utilisé pour les prévisions
de changement de l'ntensité mais reste peu fiable
- le
NHC a commencé à se servir du modèle
statistico-synoptique le SHIPS-
Statistical Hurricane Intensity Prediction Schem-
au milieu des années 90.
Ces sources d'informations synoptiques
sont la température de l'eau de mer, le cisaillement vertical du vent,
la divergence du vent et sa vorticité qu'il combine d'une manière
optimale avec la tendance de l'intensité du cyclone - le
modèle GFDL donne aussi des prévisions
de changemnet d'intensité. Mais à ce jour ses résultats restent
moins bons que ceux du SHIFOR
Le
TPC ou NHC de Miami donne pour les 72 heures à venir une prévision
quant à la trajectoire et l'intensité du cyclone cela 4 fois par
jour pour tous les ouragans du nord de l'Atlantique et le Nord-Est du Pacifique
à l'est du 140°W
Le CPHC à Honolulu (Hawai) utilise
les mêmes modèles de prévisons pour les ouragans évoluant
dans le Nord du Pacifque du 140°W à 180°W
Pour
plus de détails techniques concernant les modèles numériques
de prévision proprement dit se rendre sur la
page modèles de prévison numérique
| Les
prévisions à long terme |
La
qualité des prévisions de trajectoire reste encore toute relative.
S'il parait illusoire de vouloir prévoir le devenir d'un cyclone au delà
de 3 jours on peut considérer comme intéressant d'avoir des informations
sur l'activité cyclonique attendue pour les prochaines semaines ou les
prochains mois
Ce genre de prévisions est encore du domaine
de la recherche même si aujourd'hui l'équipe du Docteur
W.Gray a pu démontré qu'il existe des relations entre
l'activité cyclonique surla zone océanique de l'Atlantique
et certains paramètres météorologiques de grande échellle.
Certains de ces paramètres sont ainsi disponibles 6 à
8 mois avant le début de la saison cyclonique : ainsi pour
certains dès novembre de l'année précédente, d'autres
ne le sont qu'après le printemps ou encore seulement au tout début
de l'été
Les
techniques de prévisions utilisées par l'équipe
du docteur Gray sont les suivantes :
- L'Oscillation
Quasi Biennale stratosphérique (Q.B.O) : pendant 12 à 15 mois
où les vents de la stratosphère équatoriale soufflent de
l'est, c'est à dire la phase d'est Q.B.O.
l'activité cyclonique du bassin Atlantique
est réduite . La phase d'est est suivie par
13 à 16 mois de vents d'ouest (cycle régulier de 2 ans) dans la
stratosphère équatoriale pendant lesquels l'activité cyclonique
du bassin Atlantique est augmentée.
- L'
Oscillation Australe de l'El Nino
(E.N.S.O. = El Nino South Oscillation): c'est l'étude de l'influence
du phénomène El Nino correspondant à une anomalie thermique
des eaux de surface au large du Pérou et dans les régions océaniques
du Pacifique intertropical .Tous les 2 à 7 ans environ on constate que
les eaux habituellement froides dans cette partie du Pacifique sont remplacées
pendant plusieurs mois (de 12 à 18) par des eaux plus chaudes (parfois
3 à 5°C). Pendant les événements EL Nino (phase
chaude de ce phénomène d'oscillation ou indice d'Oscillation autrale
négatif ou ENSO phase chaude) le cissaillement vertical augmente
dans la troposphère et cela se traduit par une diminution
du nombre de cyclones et de leur intensité; a contrario le phénomène
La Nina (ENSO phase froide) rehausse
l'activité. Ainsi en 1982-1983 il n'a été recensé
que 5 puis 4 cyclones sur l'ensemble de la zone océanique (contre en moyenne
9) alors que la Polynésie a connu un nombre record de cyclones durant l'hivernage
correspondant. Avec celui des années 82/83 le phénomène El
Nino 97/98 compte parmi les plus intense du siècle.
- Précipiations
sur l'ouest du Sahel (A.R.): durant les périodes
de sécheresse sur l'ouest du Sahel l'activité
cyclonique sur le bassin Atlantique est fortement
réduite surtout en ce qui concerne les ouragans
intenses . Durant les années humides il y a plus de chance de rencontrer
des cyclones type îles du Cap vert . C'est aussi dû à un renforcement
du cisaillement vertical en haute troposphère pendant les années
de sécheresses amenant des changements dans la structure des ondes d'Est
africaines les empêchant d'évoluer en cyclone
- Anomalie
de Pression au niveau de la mer (S.L.P.A) : si cette anomalie
est positive dans la zone des Caraibes (pression
plus élevée que la normale) l'activité
cyclonique sera inhibée, lorsqu'elle
est négative cette activité sera plus forte
- Anomalie
zonale des vents à 200 hPA sur la zone Caraibe (ZWA) : la composante
zonale des vents vers 12km d'altitude (pression atmosphérique à
ce niveau est de 200 hPa) dans les régions intertropicales donne une indication
sur la probabilité de connaitre une saison cyclonique
active (composante d'Est plus marquée que
la moyenne ) ou pas (composante Ouest prédominante ou plus faible
que la moyenne)
- Gradient
de Pression et Température ( Delta P.T.) : les gradients de pression
atmosphérique de surface (d'ouest en est) sur l'Afrique Occidentale entre
février et mars ainsi que ceux de température dans les mêmes
régions sont corrélés avec l'activité cyclonique à
venir. Une déviation positive correspond
à une activité plus forte , une déviation négative
à une activité moindre
- Anomalie
de Température de surface de la Mer (S.S.T.A) : 2 régions particulières
du bassin de l'Océan Atlantique sont étudiées (l'une au nord
de la zone tempérée, l'autre au sud du Tropique du cancer) :
une anomalie positive de mer plus chaude que d'habitude sera un indice
de cyclogénèse important ; une différence négative
avec la moyenne inhibera la formation de cyclone
- Anomalie
de pression sur la Zone Pacifique occidental : la pression atmosphérique
réduite au niveau de la mer des stations météo de Darwin
(Australie) et Tahiti (Polynésie) est enregistré durant plusieurs
mois : l'écart entre les 2 valeurs moyennées fournit un paramètre
le S.O.I
- Puissance
de la dorsale de la zone du Nord Est de l'Atlantique tropical (Northern Ridge)
: la dorsale étant définie
comme l'axe de hautes pressions, celles de l'anticyclone des Açores dans
ce cas d'espèce. Lorsque ces hautes pressions sont plus faibles que la
moyenne l'alizé induit est moins soutenu, la mer restant chaude plus longtemps
en fin d'année : c'est un signe précurseur d'activité cyclonique
assez forte pour l'année suivante
- Anomalie
de température au niveau de pression 100 hectoPascals (Singapore 100mb
Temperature Anomaly) : étude
de la différence de la température au sommet de la troposphère
à 16 km d'altitude à Singapour : une anomalie
négative à Singapour pourtant situé à 15000
km semble être un signe de saison cyclonique ultérieure
riche
Grâce
à tous ces paramètres l'équipe de chercheurs essaiera de
prévoir l'année cyclonique à venir sous plusieurs aspect
:
- nombre de
phénomènes baptisés répertoriés dans l'année
- nombre
total de jours d'existence de ces phénomènes
- nombres
d'ouragans et parmi ceux ci d'ouragan intenses (classe 3)
- nombre
global de jours d'existence d'ouragans et d'ouragans intenses
- potentiel
destructeur cyclonique
- activité
cyclonique globale
Tous
les ans depuis 1984 le docteur Gray publie des prévisions annuelles
d'existence d'ouragans sur le bassin Atlantique début décembre
pour l'année suivante, résultats qui sont ensuite affinés
en avril, puis juin et finalisés début aôut
Pour avoir la tendance à venir rendez vous sur la page
cyclone news
En
fait l'intérét opérationnel reste pour l'instant très
limité puisqu'on ne peut prévoir les régions qui seront affectées
par les cylones ni à quel moment ils se formeront.
De plus même
si l'on sait que l'année sera peu active il se peut que l'un des rares
cyclones formés cette année-là passe sur votre territoire
A vous d'en juger l'intérêt.....