Toute
prévision météorologique commence par l'analyse de la
situation
L'analyse d'une perturbation tropicale consiste à faire
la synthèse de toutes les observations disponibles afin de déterminer
la position de la perturbation et d'estimer son intensité
Le suivi
d'une perturbation permet ensuite de déterminer son mouvement présent
c'est à dire son cap (direction) et sa vitesse de déplacement
Ces 2 éléments seront essentiels pour prévoir son évolution
à court terme
Enfin la prévision proprement dite consiste
à prévoir la trajectoire de la perturbation et son intensité
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Les modèles de prévisions
numériques |
La prévision de trajectoire utilise
diverses techniques qui prennent en compte l'environnement de la perturbation,
son mouvement présent, mais aussi des donnés statistiques sur leurs
trajectoires habituelles dans la région concernée
Par ailleurs
le prévisionniste dispose de modèles de prévision numérique
qui ont pour objectif de prévoir l'évolution des paramètres
atmosphériques en se basant sur les équations physiques de l'atmosphère
Cette dernière y est représentée de manière simplifiée
sous forme de points de grille à différents niveaux d'altitude
Le modèle est initialisé à partir des observations météo
à un temps donné
La résolution des équations se
fait par mesure de temps de quelques minutes
Les résultats sont visualisés
sous formes de cartes de vent, de température ou d'humidité à
différents niveaux
Déterminer la trajectoire demeure l'aspect
le plus délicat de la prévision avec des marges d'erreurs de 100km
à 12h, 200 km à 24h et 350 km à 48h
La
prévision de l'intensité repose sur la méthode
de Dvorak qui permet d'estimer au mieux l'intensité présente
d'une perturbation et donne des éléments pour prévoir son
évolution
L'étude de l'environnement météo au
moyen des modèles numériques permet de déceler une tendance
à l'affaiblissement ou l'intensification des sytèmes
Les modèles
de prévision prévus pour définir les trajectoires
et ceux pour définir leurs intensités ne sont pas
les mêmes
Si une
large variété de modèles de prévisions
de trajectoire de cyclone est utilisée de manière opérationnelle
pour chaqu'un des bassins océaniques il n'existe que
peu de modèles de prévision d'intensité
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Les modèles
de prévisions numériques pour le bassin Atlantique
où office le RSMC Miami
avec le TPC ou NHC
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Ainsi plusieurs modèles de prévisions de trajectoire
sont utilisés simultanément :
- le
modèle de base utilisé pour
normaliser les données provenant d'autres modèles de prévision
et comparer les modèles entre eux est CLIPER
(CLImatologie et PERsistance)
- le
modèle satistico-dynamique,
NHC 98 utilise les données provenant de CLIPER en combinant
des données provenant du modèle aéronautique (AVN ou Aviation)
elles-mêmes tirés du MRF modèle pour produire une trajectoire
prévue 4 fois par jour
- le modèle
Beta et Advection (BAM) pour lequel la trajectoire suit
le vent moyen extrapolé du modèle aéronautique
(AVN ou Aviation) entre 2 niveaux isobariques
Elle démarre de la position initiale de la tempête
et on lui applique une correction qui tient compte de l'effet beta
Il y a 3 versions pour ce moèdle :
- une pour les basses couches (BAMS) entre 850 et 700hPA
- une pour les couches moyennes (BAMM) entre 850 et 400 hPA
- une pour les couches profondes (BAMD) entre 850 et 200hPA
Depuis 1990 ces 3 versions de ce modèle tournent 4 fois par
jours (00,06,12,18 UTC)
- un modèle
barotropique LBAR emboité de prévision
de trajectoire de cyclone VICBAR
tourne 4 fois par jour depuis 1989, les runs se sont à partir
des du modèle NCEP
- les modèles
NCEP (National Center For Environmental Prediction)
Aviation and MRF (Medium Range Forecast) sont utilisés
depuis la saison cyclonique de 1992 : ce sont des modèles globaux
- un
modèle 3D à maille variable
connu sous le nom du modèle GFDL (Geophysical
Fluid Dynamics Laboratory) fourni des prévisions depuis 1992
- le
United Kingdom Meteorological global model -UKMET
est utilisé pour les prévisions cycloniques dans le monde entier.
le NHC de Miami recoit ses données depuis 1996
- Le
United States Navy Operational Global Atmospheric Prediction
Systems (NOGAPS) est un modèle
global qui a connu de bons résultats. Ce modèle est en opération
au NHC depuis 1996
Avec
ses modèles des prévisions sont établies, mais il existe
toujours une marge d'erreurs de 100km à 12h, 200 km à 24h
et 350 km à 48h
A
l'inverse il y a peu de modèle de prévisions d'intensité
disponible :
- semblable au modèle de prévision
de trajectoire CLIPER le modèle
de statistique de prévision d'intensité
le SHIFOR-Statistical Hurricane
Intensity FORecast est utilisé pour les prévisions
de changement de l'ntensité. Il s'agit d'un modèle
statistique à régressions multiples qui utilise au
mieux la persistance des tendances d'intensité et inclut
généralement des données climatologiques
- le NHC a commencé à
se servir du modèle statistico-synoptique
le SHIPS- Statistical
Hurricane Intensity Prediction Schem-
au milieu des années 90.
Ces sources d'informations synoptiques sont la température
de l'eau de mer, le cisaillement vertical du vent, la divergence
du vent et sa vorticité qu'il combine d'une manière
optimale avec la tendance de l'intensité du cyclone
- le modèle
GFDL donne aussi des prévisions de changemnet
d'intensité. Mais à ce jour ses résultats restent
moins bons que ceux du SHIFOR
- Un nouveau projet statistique pour
estimer la probabilité d'intensification rapide a été
développé et est maintenant utilisé en opérationnel.
Le projet RI utilise les données
synoptiques et de persistance du modèle SHIPS pour estimer
la probabilité d'intensification rapide toutes les 6 heures
Le
TPC ou NHC de Miami donne pour les 72 heures à venir une prévision
quant à la trajectoire et l'intensité du cyclone cela 4 fois par
jour pour tous les ouragans du nord de l'Atlantique et le Nord-Est du Pacifique
à l'est du 140°W
Le CPHC à Honolulu (Hawai) utilise
les mêmes modèles de prévisons pour les ouragans évoluant
dans le Nord du Pacifque du 140°W à 180°W
Pour
plus de détails techniques concernant les
modèles numériques de prévision
| Les
prévisions à long terme |
La
qualité des prévisions de trajectoire reste encore toute relative.
S'il parait illusoire de vouloir prévoir le devenir d'un cyclone au delà
de 3 jours on peut considérer comme intéressant d'avoir des informations
sur l'activité cyclonique attendue pour les prochaines semaines ou les
prochains mois
Ce genre de prévisions est encore du domaine
de la recherche. Plusieurs organismes s'efforcent chaque année de
faire des prévisions pour la saison à venir pour différents
bassins cycloniques
Les
précurseurs ont été les américians avec le Docteur
W.Gray
L'équipe
du Docteur W.Gray a pu démontré
qu'il existe des relations entre l'activité cyclonique surla zone océanique
de l'Atlantique et certains paramètres météorologiques
de grande échellle
Certains de ces paramètres sont ainsi
disponibles 6 à 8 mois avant le début de la saison cyclonique
Aainsi pour certains dès novembre de l'année précédente,
d'autres ne le sont qu'après le printemps ou encore seulement au tout début
de l'été
Les techniques de prévisions
utilisées par l'équipe du docteur Gray sont les suivantes :
- L'Oscillation Quasi Biennale
stratosphérique (Q.B.O) : pendant 12 à 15 mois où les
vents de la stratosphère équatoriale soufflent de l'est, c'est à
dire la phase d'est Q.B.O. l'activité
cyclonique du bassin Atlantique est réduite
. La phase d'est est suivie par 13 à 16 mois de vents d'ouest (cycle régulier
de 2 ans) dans la stratosphère équatoriale pendant lesquels l'activité
cyclonique du bassin Atlantique est augmentée.
- L' Oscillation
Australe de l'El Nino (E.N.S.O.
= El Nino South Oscillation): c'est l'étude de l'influence du phénomène
El Nino correspondant à une anomalie thermique des eaux de surface au large
du Pérou et dans les régions océaniques du Pacifique intertropical
.Tous les 2 à 7 ans environ on constate que les eaux habituellement froides
dans cette partie du Pacifique sont remplacées pendant plusieurs mois (de
12 à 18) par des eaux plus chaudes (parfois 3 à 5°C). Pendant
les événements EL Nino (phase chaude
de ce phénomène d'oscillation ou indice d'Oscillation autrale négatif
ou ENSO phase chaude) le cissaillement vertical augmente dans la
troposphère et cela se traduit par une diminution
du nombre de cyclones et de leur intensité; a contrario le phénomène
La Nina (ENSO phase froide) rehausse
l'activité. Ainsi en 1982-1983 il n'a été recensé
que 5 puis 4 cyclones sur l'ensemble de la zone océanique (contre en moyenne
9) alors que la Polynésie a connu un nombre record de cyclones durant l'hivernage
correspondant. Avec celui des années 82/83 le phénomène El
Nino 97/98 compte parmi les plus intense du siècle.
- Précipiations
sur l'ouest du Sahel (A.R.): durant les périodes
de sécheresse sur l'ouest du Sahel l'activité
cyclonique sur le bassin Atlantique est fortement
réduite surtout en ce qui concerne les ouragans
intenses . Durant les années humides il y a plus de chance de rencontrer
des cyclones type îles du Cap vert . C'est aussi dû à un renforcement
du cisaillement vertical en haute troposphère pendant les années
de sécheresses amenant des changements dans la structure des ondes d'Est
africaines les empêchant d'évoluer en cyclone
- Anomalie
de Pression au niveau de la mer (S.L.P.A) : si cette anomalie
est positive dans la zone des Caraibes (pression
plus élevée que la normale) l'activité
cyclonique sera inhibée, lorsqu'elle
est négative cette activité sera plus forte
- Anomalie
zonale des vents à 200 hPA sur la zone Caraibe (ZWA) : la composante
zonale des vents vers 12km d'altitude (pression atmosphérique à
ce niveau est de 200 hPa) dans les régions intertropicales donne une indication
sur la probabilité de connaitre une saison cyclonique
active (composante d'Est plus marquée que
la moyenne ) ou pas (composante Ouest prédominante ou plus faible
que la moyenne)
- Gradient
de Pression et Température ( Delta P.T.) : les gradients de pression
atmosphérique de surface (d'ouest en est) sur l'Afrique Occidentale entre
février et mars ainsi que ceux de température dans les mêmes
régions sont corrélés avec l'activité cyclonique à
venir. Une déviation positive correspond
à une activité plus forte , une déviation négative
à une activité moindre
- Anomalie
de Température de surface de la Mer (S.S.T.A) : 2 régions particulières
du bassin de l'Océan Atlantique sont étudiées (l'une au nord
de la zone tempérée, l'autre au sud du Tropique du cancer) :
une anomalie positive de mer plus chaude que d'habitude sera un indice
de cyclogénèse important ; une différence négative
avec la moyenne inhibera la formation de cyclone
- Anomalie
de pression sur la Zone Pacifique occidental : la pression atmosphérique
réduite au niveau de la mer des stations météo de Darwin
(Australie) et Tahiti (Polynésie) est enregistré durant plusieurs
mois : l'écart entre les 2 valeurs moyennées fournit un paramètre
le S.O.I
- Puissance
de la dorsale de la zone du Nord Est de l'Atlantique tropical (Northern Ridge)
: la dorsale étant définie
comme l'axe de hautes pressions, celles de l'anticyclone des Açores dans
ce cas d'espèce. Lorsque ces hautes pressions sont plus faibles que la
moyenne l'alizé induit est moins soutenu, la mer restant chaude plus longtemps
en fin d'année : c'est un signe précurseur d'activité cyclonique
assez forte pour l'année suivante
- Anomalie
de température au niveau de pression 100 hectoPascals (Singapore 100mb
Temperature Anomaly) : étude
de la différence de la température au sommet de la troposphère
à 16 km d'altitude à Singapour : une anomalie
négative à Singapour pourtant situé à 15000
km semble être un signe de saison cyclonique ultérieure
riche
Grâce
à tous ces paramètres l'équipe de chercheurs essaiera de
prévoir l'année cyclonique à venir sous plusieurs aspect
:
- nombre de
phénomènes baptisés répertoriés dans l'année
- nombre
total de jours d'existence de ces phénomènes
- nombres
d'ouragans et parmi ceux ci d'ouragan intenses (classe 3)
- nombre
global de jours d'existence d'ouragans et d'ouragans intenses
- potentiel
destructeur cyclonique
- activité
cyclonique globale
Tous
les ans depuis 1984 le docteur Gray publie des prévisions annuelles
d'existence d'ouragans sur le bassin Atlantique début décembre
pour l'année suivante, résultats qui sont ensuite affinés
en avril, puis juin et finalisés début aôut
En
fait l'intérét opérationnel reste pour l'instant très
limité puisqu'on ne peut prévoir les régions qui seront affectées
par les cylones ni à quel moment ils se formeront
De plus même
si l'on sait que l'année sera peu active il se peut que l'un des rares
cyclones formés cette année-là passe sur votre territoire
A vous d'en juger l'intérêt.....