La prévision numérique du temps
est une discipline très jeune puisqu'elle s'est développée
au cours de la seconde moitié du 20ème siècle
bénéficiant de façon continue des progrès
en matière d'outils informatiques
Les techniques mises en oeuvre permettent de résoudre, avec les
méthodes de calcul numérique, les équations décrivant
le comportement de l'atmosphère,
c'est à dire de déterminer les valeurs futures de ses grandes
caractéristiques en partant de valeurs initiales connues grâce
aux observations météorologiques
Les
modèles numériques construits sur ce principe
sont ainsi devenus les outils indispensables de la prévision
du temps, supplantant progressivement les méthodes fondées
sur l'application de règles
de déplacement et d'évolution de structures atmosphériques
identifiables (les centres d'action et les fronts)
La construction d'un modèle
numérique d'atmosphère comprend 2 étapes
distinctes :
- la 1ère consiste à établir un système
d'équations non linéaires
- alors que la seconde dite de numérisation consiste à
remplacer les équations portant sur des variables continues par
des équations portant sur des variables discrètes
et dont les solutions sont obtenues au moyen d'un algorithme approprié
La mise en oeuvre de l'algorithme
implique de disposer d'un outil de calcul très puissant, ce qui
explique les progrès de la prévison numérique lors
de l'explosion du développement des ordinateurs
Enfin la
prévision météorologique réalisée
par les prévisionnistes avec l'aide des modèles numériques
doit également ses succès à la mise en oeuvre et
au fonctionnement
du Système mondial d'observation météorologique
qui repose à la fois sur des mesures conventionnelles et sur
des mesures satellitaires et qui permet d'obtenir,
de façon perfectible certes mais néanmoins efficace, une
description de l'atmosphère à un instant initial donné
Cependant l'une des sources
d'erreur qui limitent la prévisibilité est l'inexactitude
des données d'observation qui définissent ce
qu'on appelle l'état initial de l'atmosphère
sur lequel on se fonde pour procéder au départ aux calculs.
Afin de pallier à ces inexactitudes on réalise plusieurs
états initiaux, obtenus chacun en imposant aux données
observées de petites variations, plus petites que les erreurs
normales de mesure ou d'interpolation
Puis à partir de chacun des états initiaux on lance le
calcul des états futurs de l'atmosphère : pour une échéance
donnée on obtient donc autant d'états futurs que l'on
a réalisé de variantes de l'état initial
On en déduit dans un premier temps une moyenne de ces prévisions
puis on lui compare les cartes issus de ces calculs pour une même
date et une même heure en utilisant une méthode de regroupement
par classes : toutes les prévisions proches de la moyenne forment
un amas central des prévisions qui servira de base à
la prévision annoncée tandis que les prévisons
qui s'écartent de cette moyenne
sont regroupées en classes appelées des tubes
Depuis 1988 on essaie de
prendre en compte non seulement les erreurs issues des conditions initiales
mais aussi celles dues à la transcription des phénomènes
physiques régissant le comportement
de l'atmosphère
Un autre axe de recherche en matière de prévision d'ensemble
est l'approche multimodèle qui consiste à combiner
les solutions proposées par différents modèles
pour une même échéance
Ainsi pour
alimenter ces modèles en données, des observations
sont effectuées régulièrement,en général
8 par jour, pour surveiller l'atmosphère et détecter les
phénomènes dangeureux
dans plus de 10 000 stations météorologiques autour du
globe à la même heure UTC -Temps
universel coordonné-
Les observations
terrestres sont complétées par des observations
en mer (bateaux, bouées dérivantes)
Cependant les phénomènes météorologiques
se manifestent dans toute la troposphère (couche la plus basse
de l'atmosphère qui s'étend jusqu'à 15 km d'altitude)
et non seulement au voisinage du sol
c'est pourquoi on envoie des ballons équipés de sondes
-ce sont les radiosondages-
Les météorologues disposent de plus des radars
qui ont pour rôle de détecter les précipitations
(et qui permettent donc de détecter le centre d'un cyclone) avec
une portée maximum de 400km,
d'avions de reconnaissance (aux USA) et de satellites
qui permettent de localiser les masses nuageuses des perturbations tropicales
Ainsi toute prévision
météorologique commence par l'analyse
de la situation
L'analyse d'une perturbation tropicale consite à faire la synthèse
de toutes les observations disponibles afin de déterminer la
position de la perturbation et d'estimer son intensité
Le suivi d'une perturbation permet ensuite de déterminer son
mouvement présent c'est à dire son cap (direction) et
sa vitesse de déplacement
Ces 2 éléments seront essentiels pour prévoir son
évolution à court terme
Enfin la prévision
proprement dite consiste à prévoir
la trajectoire de la perturbation et son intensité
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Les 2 types de prévisions
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La
prévision de trajectoire utilise diverses techniques
qui prennent en compte l'environnement de la perturbation, son mouvement
présent, mais aussi des donnés statistiques
sur leurs trajectoires habituelles dans la région concernée
Par ailleurs
le prévisionniste dispose de modèles de prévision numérique
qui ont pour objectif de prévoir l'évolution des paramètres
atmosphériques en se basant sur les équations physiques de l'atmosphère
Cette dernière y est représentée de manière simplifiée
sous forme de points de grille à différents niveaux d'altitude
Le modèle est initialisé à partir des observations météo
à un temps donné
La résolution des équations se
fait par mesure de temps de quelques minutes
Les résultats sont visualisés
sous formes de cartes de vent, de température ou d'humidité à
différents niveaux
Déterminer la trajectoire demeure l'aspect
le plus délicat de la prévision avec des marges d'erreurs de 100km
à 12h, 200 km à 24h et 350 km à 48h
La
prévision de l'intensité repose sur la méthode
de Dvorak qui permet d'estimer au mieux l'intensité présente
d'une perturbation et donne des éléments pour prévoir son
évolution
L'étude de l'environnement météo au
moyen des modèles numériques permet de déceler une tendance
à l'affaiblissement ou l'intensification des sytèmes
Afin de prévoir
l'intensité et la trajectoire des cyclones tropicaux
les centres météorologiques spécialisés
utilisent donc des modèles mathématiques qui tournent
sur des ordinateurs
Ces modèles représentent le futur mouvement et l'intensité
du cyclone tropical et son environnement d'une façon très
simple
Ensuite les prévisionnistes spécialisés dans les
cyclones interprètent les résultats des modèles
et arrive à donner une prévision d'intensité et
de trajectoire qu'il distribue au public sous forme d'avis (les "advisories")
Les modèles
de prévision prévus pour définir les trajectoires
et ceux pour définir leurs intensités ne sont pas
les mêmes
Si une large variété
de modèles de prévisions de trajectoire
de cyclone est utilisée de manière opérationnelle
pour chaqu'un des bassins océaniques
il n'existe que peu
de modèles de prévision d'intensité
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Les modèles
de prévisions
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Les
modèles de prévision de trajectoire et d'intensité
sont souvent de 3 ordres :
statistique, dynamique ou une combinaison des 2 (le NHC
utilise ces 3 types de modèles mathématiques)
Le modèle statistique :
Il repose sur la répétitivité
dans l'espace et le temps des trajectoires des cyclones
Ainsi le programme recherche dans
sa base de données les autres cyclones ayant eu la même
position au même moment de l'année, donc ceux ayant les
caractéristiques les plus proches du cyclone étudié
Ce programme ne tient pas compte des facteurs climatiques actuels
qui peuvent être différents
Ces modèle
s'appellent :
CLIPER : outre la CLIimatologie
il utilise la PERsistance : les prédictions de CLIPER incluent
la latitude & la longitude initial du cyclone, la direction qu'il
prend, le jour de l'année, et son intensité initiale
Les prévisions de CLIPER sont utilisées pour normaliser
les données provenant des autres modèles de prévisions
C'est le modèle utilisé par le plus de logiciels commerciaux
pour la chasse aux cyclones
Météo France Réunion utilisait le modèle
MOCCANA qui aujourd'hui n'est plus en vigueur,
mais à l'heure actuelle des chercheurs de Météo
France planchent sur un futur modèle numérique
applicable à l'Océan Indien
Le modèle dynamique :
Il utilise les
résultats de données atmosphériques globales
pour prévoir la trajectoire du cyclone
Le principe est d'étudier le cyclone dans sa seule réalité
météorologique du moment
Ainsi le modèle prend en compte différents paramètres
: vents, températures, humidité, pression atmosphérique
de l'atmosphère dans lequel le cyclone évolue
Ces modèles dynamiques utilisent les lois de la physique qu'ils
appliquent à l'atmosphère pour prévoir la trajectoire
future du cyclone
Ces modèles prennent en compte 6 équations
basiques :
-
3 sont
hydrodynamiques lesquelles utilisent la seconde loi de Newton pour
trouver les courants horizontaux et verticaux du vent causés
par les différences de pression d'air, la gravité,
la friction
et la rotation de la Terre
-
2 sont
thermodynamiques qui calculent les changements de température
causés par l'évaporation de l'eau
-
la
dernière équation connu comme l'équation continuité
qui tente d'expliquer les volumes d'air qui sortent ou entrent dans
la zone spécifiée
L'une de ses formes
de modèle est le modèle barotropique
qui utilise seulement les vents horizontaux
Or souvent dans un système de dépression l'air chaud
ou froid se déplace (en montant ou en descendant) à
travers les lignes d'égales pression atmosphérique (isobars)
alors ce modèle devient inutilisable
C'est pourquoi quand les lignes d'égale T° et d'égale
pression se croisent les unes les autres on alors un atmosphère
de type barocline
Ce modèle barocline utilise une grille tri-dimensionnelle
de l'atmosphère divisé en une multitude de points couvrant
la surface de la Terre
Des observations sont alors réalisées quant aux vents,
à la pression de l'air, à l'humidité et à
la T°, données qui sont ensuite rentrées dans l'ordinateur
et le modèle crée alors une prévision de trajectoire
Plus il y aura de points plus la prévison sera fine
Comme modèles
numériques de prévision du temps nous avons ainsi
:
AVN ou Aviation
Model est fournit par le NCEP
-National Centers for Environnemental Prediction MRF (Medium
Range Forecast) modèle
Le MRF est un modèle global
d'atmosphère de 28 niveaux ce qui signifie qu'il utilise des
données de 28 niveaux de l'atmosphère sur le globe entier
Une prévision de trajectoire jusqu'à 72h est fournit
par ce modèle AVN/MRF
Le GFDL
(Geophysical Fluid Dynamics Laboratory ) est une modèle barocline
à zone limitée. Il a été developpé
pour la prédiction des cyclones
Les données initiales proviennent de l'Aviation tiré
du modèle MRF
Le GHM
-le GFDL Multiply Nested Moveable Mesh Hurricane Model est un modèle
barocline de prévision de trajectoire
Le modèle donne aussi des prévisions expérimentales
d'intensité. Le GHM a été développé
par le NOAA's Geophysical Fluid Dynamics Laboratory à
l'université de Princeton
Le
GUNS Ensemble - une moyenne du GFDL, du UKMET Office et
du NOGAPS modèles
James Goerss du Naval Research Laboratory à Monterey en
Californie a démontré qu'un simple consensus entre ces
3 modèles était plus fiable à 20 % sur 24h, 48h
& 72h qu'un simple modèle
Le NHC a confirmé ces résultats et a doublé l'ensemble
"GUNS" utilisant les initiales des 3 modèles
Les prévisions consensuelles, en moyenne, sont souvent plus précises
que les prévisions provenant des modèles individuels
Le
BAM (Beta and Advection Model) pour lequel la trajectoire
suit le vent moyen extrapolé du modèle aéronautique
(AVN ou Aviation) entre 2 niveaux isobariques
Elle démarre de la position initiale de la tempête et on
lui applique une correction qui tient compte de l'effet beta.
Il y a 3 versions pour ce modède :
- une pour les basses couches (BAMS -Shallow)
entre 850 et 700hPA
- une pour les couches moyennes (BAMM- Medium)
entre 850 et 400 hPA
- une pour les couches profondes (BAMD -Deep)
entre 850 et 200hPA :
Depuis 1990 ces 3 versions de ce modèle tournent 4 fos par jours
(00,06,12,18 UTC) avec des données initiales provenant du modèle
Aviation tiré du MFR Modèle afin de fournir une prévision
de trajectoire
Pour un faible cyclone sans un mur de l'oeil étendu profondément
dans l'atmosphère ou pour une dépression tropical la BAMS
version est le modèle qui fonctionne le mieux parce les cyclones
de cette nature ont tendance à être dirigé par des
vents de moyenne surface
.Dès que les cyclones grossissent
et que le mur de l'oeil devient de plus en plus épais les autres
versions deviennent plus fiables
LBAR
(Limited area BARotropic) : ce modèle est un modèle de
trajectoire de prévision à 2 dimensions dont les premières
données initiales proviennent de l'Aviation tiré du modèle
global MRF
Le modèle statico-dynamique :
Dans les années
70 la combinaison des 2 modèles fut développée
comme modèle global et commença à faire des
prévisions dans les régions tropicales
NOGAPS
Naval Operational Global Atmospheric Prediction System est un modèle
global
UKMET
(United Kingdom Meteorological
Office) : comme le NOGAPS & MRF est un modèle global
Le NHC
98 : c'est le 6ème d'une séries de modèles
qui est une combinaison statistique et dynamique de modèle
qui utilise les données provenant de CLIPER avec une combinaison
de données provenant
de l'AVN (Aviation) issu du MRF modèle
Le NHC 98 tourne 4 fois par
jour; les heures synoptiques de base pour les prévisions
sont 00 et 12 UTC
Pour
les modèles d'intensité
Le SHIPS
-Statistical Hurricane Intensity Prediction Scheme Model est un modèle
de prévision d'intensité statisco-dynamique
Ce modèle a été developpé en utilisant la
climatologie, la persistance et des prédicateurs synoptiques.
Les estimations d'intensité sont faites pour des périodes
de 12h jusqu'à 78h. Ce modèle utilise les données
de cylones antérieurs
Semblable au modèle de prévision
de trajectoire CLIPER le modèle de statistique
de prévision d'intensité le SHIFOR-Statistical
Hurricane Intensity FORecast est utilisé
pour les prévisions de changement de l'ntensité mais reste
peu fiable
La liste des modèles de prévisions (récents &
obsolètes): site Wind
MIT, qui suivant les bassins sont utilisés ou non
En effet chaque bassin océanique n'utilise pas tous ces modèles
Vous pouvez
également consulter Wind
MIT pour voir les prévisions des différents
modèles (ex : trajectoire
: GFS, NOGAPS, UKMET, GFLD, ECMWF et intensité
: SHIPS, GFLD, HWRF)
pour un système tropical donné
|
Les
modèles de prévisions numériques pour le
bassin Atlantique où office le RSMC Miami avec le TPC ou
NHC
|
Ainsi plusieurs modèles de prévisions de trajectoire
sont utilisés simultanément :
- le
modèle de base utilisé pour
normaliser les données provenant d'autres modèles de prévision
et comparer les modèles entre eux est CLIPER
(CLImatologie et PERsistance)
- le modèle
satistico-dynamique, NHC 98
utilise les données provenant de CLIPER en combinant des
données provenant du modèle aéronautique (AVN
ou Aviation) elles-mêmes tirés du MRF modèle
pour produire une trajectoire prévue 4 fois par jour
- le modèle
Beta et Advection (BAM) pour lequel la trajectoire suit
le vent moyen extrapolé du modèle aéronautique
(AVN ou Aviation) entre 2 niveaux isobariques
Elle démarre de la position initiale de la tempête
et on lui applique une correction qui tient compte de l'effet beta
Il y a 3 versions pour ce moèdle :
- une pour les basses couches (BAMS) entre 850 et 700hPA
- une pour les couches moyennes (BAMM) entre 850 et 400 hPA
- une pour les couches profondes (BAMD) entre 850 et 200hPA
Depuis 1990 ces 3 versions de ce modèle tournent 4 fois par
jours (00,06,12,18 UTC)
- un modèle
barotropique LBAR emboité de prévision
de trajectoire de cyclone VICBAR
tourne 4 fois par jour depuis 1989, les runs se sont à partir
des du modèle NCEP
- les modèles
NCEP (National Center For Environmental Prediction)
Aviation and MRF (Medium Range Forecast) sont utilisés
depuis la saison cyclonique de 1992 : ce sont des modèles globaux
- un
modèle 3D à maille variable
connu sous le nom du modèle GFDL (Geophysical
Fluid Dynamics Laboratory) fourni des prévisions depuis 1992
- le
United Kingdom Meteorological global model -UKMET
est utilisé pour les prévisions cycloniques dans le monde entier.
le NHC de Miami recoit ses données depuis 1996
- Le
United States Navy Operational Global Atmospheric Prediction
Systems (NOGAPS) est un modèle
global qui a connu de bons résultats. Ce modèle est en opération
au NHC depuis 1996
Avec
ses modèles des prévisions sont établies, mais il existe
toujours une marge d'erreurs de 100km à 12h, 200 km à 24h
et 350 km à 48h
A l'inverse il y a peu
de modèle de prévisions d'intensité
disponible :
- semblable au modèle de prévision
de trajectoire CLIPER le modèle
de statistique de prévision d'intensité
le SHIFOR-Statistical Hurricane
Intensity FORecast est utilisé pour les prévisions
de changement de l'ntensité. Il s'agit d'un modèle
statistique à régressions multiples qui utilise au
mieux la persistance des tendances d'intensité et inclut
généralement des données climatologiques
- le NHC a commencé à
se servir du modèle statistico-synoptique
le SHIPS- Statistical
Hurricane Intensity Prediction Schem-
au milieu des années 90
Ces sources d'informations synoptiques sont la température
de l'eau de mer, le cisaillement vertical du vent, la divergence
du vent et sa vorticité qu'il combine d'une manière
optimale
avec la tendance de l'intensité du cyclone
- le modèle
GFDL donne aussi des prévisions de changemnet
d'intensité. Mais à ce jour ses résultats restent
moins bons que ceux du SHIFOR
- Un nouveau projet statistique pour
estimer la probabilité d'intensification rapide a été
développé et est maintenant utilisé en opérationnel
Le projet RI utilise les données
synoptiques et de persistance du modèle SHIPS pour estimer
la probabilité d'intensification rapide toutes les 6 heures
Le TPC ou NHC de Miami
donne pour les 72 heures à venir une prévision quant à
la trajectoire et l'intensité du cyclone
Et cela 4 fois par jour pour tous les ouragans du nord de l'Atlantique
et le Nord-Est du Pacifique à l'est du 140°W
Le CPHC à Honolulu (Hawai) utilise les mêmes modèles
de prévisons pour les ouragans évoluant dans le Nord du
Pacifque du 140°W à 180°W
| Les
prévisions à long terme |
La qualité
des prévisions de trajectoire reste encore toute relative
S'il parait illusoire de vouloir prévoir le devenir d'un cyclone
au delà de 3 jours on peut considérer comme intéressant
d'avoir des informations sur l'activité cyclonique attendue
pour les prochaines semaines
ou les prochains mois
Ce genre de prévisions est encore du domaine de la recherche
Plusieurs organismes s'efforcent chaque année de faire
des prévisions pour la saison à venir pour différents
bassins cycloniques
Les précurseurs ont été les américians
avec le Docteur W.Gray
L'équipe
du Docteur W.Gray a pu démontré
qu'il existe des relations entre l'activité cyclonique surla zone océanique
de l'Atlantique et certains paramètres météorologiques
de grande échellle
Certains de ces paramètres sont ainsi
disponibles 6 à 8 mois avant le début de la saison cyclonique
Aainsi pour certains dès novembre de l'année précédente,
d'autres ne le sont qu'après le printemps ou encore seulement au tout début
de l'été
Les techniques de prévisions
utilisées par l'équipe du docteur Gray sont les suivantes :
- L'Oscillation
Quasi Biennale stratosphérique (Q.B.O) :
Pendant 12 à 15 mois où les vents de la stratosphère
équatoriale soufflent de l'est, c'est à dire la
phase d'est Q.B.O. l'activité
cyclonique du bassin Atlantique est
réduite
La phase d'est est suivie par 13 à 16 mois de vents d'ouest
(cycle régulier de 2 ans) dans la stratosphère équatoriale
pendant lesquels l'activité cyclonique du bassin Atlantique
est augmentée
- L' Oscillation
Australe de l'El Nino
(E.N.S.O. = El Nino South Oscillation):
C'est l'étude de l'influence du phénomène
El Nino correspondant à une anomalie thermique des eaux
de surface au large du Pérou et dans les régions
océaniques du Pacifique intertropical
Tous les 2 à 7 ans environ on constate que les eaux habituellement
froides dans cette partie du Pacifique sont remplacées
pendant plusieurs mois (de 12 à 18) par des eaux plus chaudes
Pendant les événements EL Nino (phase
chaude de ce phénomène d'oscillation ou indice d'Oscillation
autrale négatif ou ENSO phase chaude) le
cissaillement vertical augmente dans la troposphère et
cela se traduit par une diminution du nombre
de cyclones et de leur intensité
A contrario le phénomène La Nina (ENSO
phase froide) rehausse l'activité. Ainsi en
1982-1983 il n'a été recensé que 5 puis 4
cyclones sur l'ensemble de la zone océanique (contre en
moyenne 9) alors que la Polynésie a connu un nombre record
de cyclones durant l'hivernage correspondant
Avec celui des années 82/83 le phénomène
El Nino 97/98 compte parmi les plus intense du siècle
- Précipiations
sur l'ouest du Sahel (A.R.):
Durant les périodes de sécheresse
sur l'ouest du Sahel l'activité
cyclonique sur le bassin Atlantique est fortement
réduite surtout en ce qui concerne les ouragans
intenses
Durant les années humides il y a plus de chance de rencontrer
des cyclones type îles du Cap vert
C'est aussi dû à un renforcement du cisaillement
vertical en haute troposphère pendant les années
de sécheresses amenant des changements dans la structure
des ondes d'Est africaines
les empêchant d'évoluer en cyclone
- Anomalie de
Pression au niveau de la mer (S.L.P.A) :
Si cette anomalie est positive
dans la zone des Caraibes (pression plus élevée
que la normale) l'activité cyclonique
sera inhibée, lorsqu'elle
est négative cette activité sera plus forte
- Anomalie zonale
des vents à 200 hPA sur la zone Caraibe (ZWA) :
La composante zonale des vents vers 12km d'altitude (pression
atmosphérique à ce niveau est de 200 hPa) dans les
régions intertropicales donne une indication sur la probabilité
de connaitre
une saison cyclonique active (composante
d'Est plus marquée que la moyenne ) ou pas (composante
Ouest prédominante ou plus faible que la moyenne)
- Gradient de
Pression et Température ( Delta P.T.) :
Les gradients de pression atmosphérique de surface (d'ouest
en est) sur l'Afrique Occidentale entre février et mars
ainsi que ceux de température dans les mêmes régions
sont corrélés
avec l'activité cyclonique à venir. Une déviation
positive correspond à une activité plus
forte, une déviation négative à une activité
moindre
- Anomalie de
Température de surface de la Mer (S.S.T.A) :
2 régions particulières du bassin de l'Océan
Atlantique sont étudiées (l'une au nord de la zone
tempérée, l'autre au sud du Tropique du cancer):
Une anomalie positive de mer plus chaude que d'habitude sera
un indice de cyclogénèse important
; une différence négative avec la moyenne inhibera
la formation de cyclone
- Anomalie de
pression sur la Zone Pacifique occidental :
La pression atmosphérique réduite au niveau de la
mer des stations météo de Darwin (Australie) et
Tahiti (Polynésie) est enregistré durant plusieurs
mois
L'écart entre les 2 valeurs moyennées fournit un
paramètre le S.O.I
- Puissance
de la dorsale de la zone du Nord Est de l'Atlantique tropical
(Northern Ridge) :
La dorsale étant définie comme l'axe de hautes pressions,
celles de l'anticyclone des Açores dans ce cas d'espèce
Lorsque ces hautes pressions sont plus faibles que la moyenne
l'alizé induit est moins soutenu, la mer restant chaude
plus longtemps en fin d'année
C'est un signe précurseur d'activité cyclonique
assez forte pour l'année suivante
- Anomalie
de température au niveau de pression 100 hectoPascals (Singapore
100mb Temperature Anomaly)
:
Etude de la différence de la température au sommet
de la troposphère à 16 km d'altitude à Singapour
Une anomalie négative
à Singapour pourtant situé à 15000 km semble
être un signe de saison cyclonique
ultérieure riche
Grâce
à tous ces paramètres l'équipe de chercheurs essaiera de
prévoir l'année cyclonique à venir sous plusieurs aspect
:
- nombre de
phénomènes baptisés répertoriés dans l'année
- nombre
total de jours d'existence de ces phénomènes
- nombres
d'ouragans et parmi ceux ci d'ouragan intenses (classe 3)
- nombre
global de jours d'existence d'ouragans et d'ouragans intenses
- potentiel
destructeur cyclonique
- activité
cyclonique globale
Tous
les ans depuis 1984 le docteur Gray publie des prévisions annuelles
d'existence d'ouragans sur le bassin Atlantique début décembre
pour l'année suivante, résultats qui sont ensuite affinés
en avril, puis juin et finalisés début aôut
En
fait l'intérét opérationnel reste pour l'instant très
limité puisqu'on ne peut prévoir les régions qui seront affectées
par les cylones ni à quel moment ils se formeront
De plus même
si l'on sait que l'année sera peu active il se peut que l'un des rares
cyclones formés cette année-là passe sur votre territoire
A vous d'en juger l'intérêt.....