La prévision numérique du temps
est une discipline très jeune puisqu'elle s'est développée
au cours de la seconde moitié du 20ème siècle
bénéficiant de façon continue des progrès
en matière d'outils informatiques
Les techniques mises en oeuvre permettent de résoudre, avec les
méthodes de calcul numérique, les équations décrivant
le comportement de l'atmosphère,
c'est à dire de déterminer les valeurs futures de ses grandes
caractéristiques en partant de valeurs initiales connues grâce
aux observations météorologiques
|
Principes
généraux des modèles de prévisions
|
Les modèles numériques construits sur ce
principe sont ainsi devenus les outils indispensables de la prévision
du temps, supplantant progressivement les méthodes fondées
sur l'application de règles de déplacement et d'évolution
de structures atmosphériques identifiables (les centres d'action
et les fronts)
La
construction d'un modèle numérique d'atmosphère
comprend 2 étapes distinctes :
- la 1ère consiste à établir un système
d'équations non linéaires
- alors que la seconde dite de numérisation consiste à
remplacer les équations portant sur des variables continues par
des équations portant sur des variables discrètes
et dont les solutions sont obtenues au moyen d'un algorithme approprié
La
mise en oeuvre de l'algorithme implique de disposer d'un outil de
calcul très puissant, ce qui explique les progrès de la
prévison numérique lors de l'explosion du développement
des ordinateurs
Enfin
la prévision météorologique
réalisée par les prévisionnistes avec l'aide des
modèles numériques doit également ses succès
à la mise en oeuvre et au fonctionnement
du Système mondial d'observation météorologique
qui repose à la fois sur des mesures conventionnelles et sur
des mesures satellitaires et qui permet d'obtenir,
de façon perfectible certes mais néanmoins efficace, une
description de l'atmosphère à un instant initial donné
Cependant
l'une des sources d'erreur qui limitent la prévisibilité
est l'inexactitude des données d'observation
qui définissent ce qu'on appelle l'état
initial de l'atmosphère
sur lequel on se fonde pour procéder au départ aux calculs
Afin de pallier à ces inexactitudes on réalise plusieurs
états initiaux, obtenus chacun en imposant aux données
observées de petites variations, plus petites que les erreurs
normales
de mesure ou d'interpolation
Puis à partir de chacun des états initiaux on lance le
calcul des états futurs de l'atmosphère : pour une échéance
donnée on obtient donc autant d'états futurs que l'on
a réalisé
de variantes de l'état initial
On en déduit dans un premier temps une moyenne de ces prévisions
puis on lui compare les cartes issus de ces calculs pour une même
date et une même heure en utilisant
une méthode de regroupementvpar classes : toutes les prévisions
proches de la moyenne forment un amas central des prévisions
qui servira de base à la prévision annoncée
tandis que les prévisons qui s'écartent de cette moyenne
sont regroupées en classes appelées des tubes
Depuis
1988 on essaie de prendre en compte non seulement les erreurs issues
des conditions initiales mais aussi celles dues à la transcription
des phénomènes physiques régissant
le comportementde l'atmosphère
Un autre axe de recherche en matière de prévision d'ensemble
est l'approche multimodèle qui consiste à combiner
les solutions proposées par différents modèles
pour une même échéance
Ainsi
pour alimenter ces modèles en données, des observations
sont effectuées régulièrement,en général
8 par jour, pour surveiller l'atmosphère et détecter
les phénomènes dangeureux dans plus de 10 000 stations
météorologiques autour du globe à la
même heure UTC -Temps universel coordonné-
Les
observations terrestres sont complétées par des
observations en mer (bateaux, bouées dérivantes)
Cependant les phénomènes météorologiques
se manifestent dans toute la troposphère (couche la plus basse
de l'atmosphère qui s'étend jusqu'à 15 km d'altitude)
et non seulement
au voisinage du sol c'est pourquoi on envoie des ballons équipés
de sondes -ce sont les radiosondages-
Les météorologues disposent de plus des radars
qui ont pour rôle de détecter les précipitations
(et qui permettent donc de détecter le centre d'un cyclone)
avec une portée maximum de 400km, d'avions de reconnaissance
(aux USA) et de satellites
Voilà la liste des principaux modèles de prévisions
qui offrent des réactualisations allant de 2 à 4 fois
par jour (que l'on appelle des runs) sur des échéances
allant jusqu'à 384h allant de 6h en 6h :
- GFS : modèle américian (ici
vous avez l'explication détaillée des différentes
cartes issues du modèle GFS -siite IGES-)
- UKMO : modèle anglais
- NOGAPS : modèle anglo- saxon
- ECMWF : modèle européen
- JMA, GEM, BOLAM, ..... d'autres modèles numériques
provenant d'organismes japonais, allemand, italien
|
La
prévision en matière "cyclonique"
|
Ainsi toute prévision météorologique commence par
l'analyse de la situation
L'analyse d'un système tropical consite à faire la synthèse
de toutes les observations disponibles afin de déterminer la
position de la perturbation et d'estimer son intensité
Le suivi d'une perturbation permet ensuite de déterminer son
mouvement présent c'est à dire son cap (direction) et
sa vitesse de déplacement
Ces 2 éléments seront essentiels pour prévoir son
évolution à court terme
Au
final la prévision proprement dite consiste à
prévoir la trajectoire de la perturbation mais également
sa future intensité (dépression,
tempête ou cyclone)
La prévision de trajectoire
utilise diverses techniques qui prennent en compte l'environnement de
la perturbation, son mouvement présent, mais aussi des donnés
statistiques
sur leurs trajectoires habituelles dans la région concernée
Par ailleurs le prévisionniste dispose de modèles de
prévision numérique qui ont pour objectif de prévoir
l'évolution des paramètres atmosphériques en se
basant sur
les équations physiques de l'atmosphère
Cette dernière y est représentée de manière
simplifiée sous forme de points de grille à différents
niveaux d'altitude
Le modèle est initialisé à partir des observations
météo à un temps donné
La résolution des équations se fait par mesure de temps
de quelques minutes
Les résultats sont visualisés sous formes de cartes de
vent, de température ou d'humidité à différents
niveaux
Déterminer la trajectoire demeure l'aspect le plus délicat
de la prévision avec des marges d'erreurs de 100km à 12h,
200 km à 24h et 350 km à 48h
La
prévision de l'intensité repose sur la méthode
de Dvorak qui permet d'estimer au mieux l'intensité présente
d'une perturbation et donne des éléments pour prévoir
son évolution
L'étude de l'environnement météo au moyen des modèles
numériques permet de déceler une tendance à l'affaiblissement
ou l'intensification des sytèmes
Afin
de prévoir l'intensité et la
trajectoire des cyclones tropicaux les centres météorologiques
spécialisés utilisent donc des modèles mathématiques
qui tournent
sur des ordinateurs
Ces modèles représentent le futur mouvement et l'intensité
du cyclone tropical et son environnement d'une façon très
simple
Ensuite les prévisionnistes spécialisés dans les
cyclones interprètent les résultats des modèles
et arrive à donner une prévision d'intensité et
de trajectoire qu'il distribue au public
sous forme d'avis (les "advisories")
Les modèles de prévision prévus pour définir
les trajectoires et ceux pour définir leurs intensités
ne sont pas les mêmes
Si une
large variété de modèles
de prévisions de trajectoire de cyclone est utilisée
de manière opérationnelle pour chaqu'un des bassins océaniques
il n'existe que peu
de modèles de prévision d'intensité
|
Les
modèles de prévisions numérique en matière
cyclonique
|
Les modèles de prévision de trajectoire et d'intensité
sont souvent de 3 ordres :
statistique, dynamique ou une combinaison des 2 (le NHC
utilise ces 3 types de modèles mathématiques)
Le modèle statistique :
Il
repose sur la répétitivité
dans l'espace et le temps des trajectoires des cyclones
Ainsi
le programme recherche dans sa base de données les autres cyclones
ayant eu la même position au même moment de l'année,
donc ceux ayant les caractéristiques
les plus proches du cyclone étudié
Ce programme ne tient pas compte des facteurs climatiques actuels qui
peuvent être différents
Ces modèle s'appellent :
CLIPER : outre la CLIimatologie
il utilise la PERsistance : les prédictions de CLIPER incluent
la latitude & la longitude initial du cyclone, la direction qu'il
prend, le jour de l'année,
et son intensité initiale
Les prévisions de CLIPER sont utilisées pour normaliser
les données provenant des autres modèles de prévisions
C'est le modèle utilisé par le plus de logiciels commerciaux
pour la chasse aux cyclones
Météo France Réunion utilisait le modèle
MOCCANA qui aujourd'hui n'est plus en vigueur,
mais à l'heure actuelle des chercheurs de Météo
France planchent sur
un futur modèle numérique applicable à l'Océan
Indien
Le modèle dynamique :
Il utilise les résultats de données
atmosphériques globales pour prévoir la trajectoire
du cyclone
Le principe est d'étudier le cyclone dans sa seule réalité
météorologique du moment
Ainsi le modèle prend en compte différents paramètres
: vents, températures, humidité, pression atmosphérique
de l'atmosphère dans lequel le cyclone évolue
Ces modèles dynamiques utilisent les lois de la physique qu'ils
appliquent à l'atmosphère pour prévoir la trajectoire
future du cyclone
Ces modèles prennent en compte 6 équations
basiques :
-
3 sont hydrodynamiques
lesquelles utilisent la seconde loi de Newton pour trouver les courants
horizontaux et verticaux du vent causés par les différences
de pression d'air,
la gravité, la friction et la rotation de la Terre
- 2 sont thermodynamiques qui calculent les changements de température
causés par l'évaporation de l'eau
- la
dernière équation connu comme l'équation continuité
qui tente
d'expliquer les volumes d'air qui sortent ou entrent dans la zone spécifiée
L''une
de ses formes de modèle est le modèle
barotropique qui utilise seulement les vents horizontaux
Or souvent dans un système de dépression l'air chaud
ou froid se déplace (en montant ou en descendant) à
travers les lignes d'égales pression atmosphérique (isobars)
alors ce modèle devient inutilisable
C'est pourquoi quand les lignes d'égale T° et d'égale
pression se croisent les unes les autres on alors un atmosphère
de type barocline
Ce modèle barocline utilise une grille tri-dimensionnelle
de l'atmosphère divisé en une multitude de points couvrant
la surface de la Terre
Des observations sont alors réalisées quant aux vents,
à la pression de l'air, à l'humidité et à
la T°, données qui sont ensuite rentrées dans l'ordinateur
et le modèle crée alors
une prévision de trajectoire
Plus il y aura de points plus la prévison sera fine
Comme
modèles numériques de prévision du
temps nous avons ainsi :
AVN ou Aviation Model
est fournit par le NCEP -National Centers for Environnemental
Prediction MRF (Medium Range Forecast) modèle
Le MRF est un modèle global
d'atmosphère de 28 niveaux ce qui signifie qu'il utilise des
données de 28 niveaux de l'atmosphère sur le globe entier
Une prévision de trajectoire jusqu'à 72h est fournit
par ce modèle AVN/MRF
Le
GFDL (Geophysical Fluid Dynamics
Laboratory ) est une modèle barocline à zone limitée.
Il a été developpé pour la prédiction
des cyclones
Les données initiales proviennent de l'Aviation tiré
du modèle MRF
Le GHM
-le GFDL Multiply Nested Moveable Mesh Hurricane Model est un modèle
barocline de prévision de trajectoire
Le modèle donne aussi des prévisions expérimentales
d'intensité. Le GHM a été développé
par le NOAA's Geophysical Fluid Dynamics Laboratory à
l'université de Princeton
Le
GUNS Ensemble - une moyenne du GFDL, du UKMET Office et
du NOGAPS modèles
James Goerss du Naval Research Laboratory à Monterey en
Californie a démontré qu'un simple consensus entre ces
3 modèles était plus fiable à 20 % sur 24h, 48h
& 72h
qu'un simple modèle
Le NHC a confirmé ces résultats et a doublé l'ensemble
"GUNS" utilisant les initiales des 3 modèles
Les prévisions consensuelles, en moyenne, sont souvent plus précises
que les prévisions provenant des modèles individuels
Le
BAM (Beta and Advection Model) pour lequel la trajectoire
suit le vent moyen extrapolé du modèle aéronautique
(AVN ou Aviation) entre 2 niveaux isobariques
Elle démarre de la position initiale de la tempête et on
lui applique une correction qui tient compte de l'effet beta.
Il y a 3 versions pour ce modède :
- une pour les basses couches (BAMS -Shallow)
entre 850 et 700hPA
- une pour les couches moyennes (BAMM- Medium)
entre 850 et 400 hPA
- une pour les couches profondes (BAMD -Deep)
entre 850 et 200hPA :
Depuis 1990 ces 3 versions de ce modèle tournent 4 fos par jours
(00,06,12,18 UTC) avec des données initiales provenant du modèle
Aviation tiré du MFR Modèle afin de fournir une prévision
de trajectoire
Pour un faible cyclone sans un mur de l'oeil étendu profondément
dans l'atmosphère ou pour une dépression tropical la BAMS
version est le modèle qui fonctionne le mieux parce les cyclones
de cette nature ont tendance à être dirigé par des
vents de moyenne surface
.Dès que les cyclones grossissent et que le mur de l'oeil devient
de plus en plus épais les autres versions deviennent plus fiables
LBAR
(Limited area BARotropic) : ce modèle est un modèle de
trajectoire de prévision à 2 dimensions dont les premières
données initiales proviennent de l'Aviation tiré du modèle
global MRF
Le modèle statico-dynamique :
Dans
les années 70 la combinaison des 2 modèles fut développée
comme modèle global et commença à faire des
prévisions dans les régions tropicales
NOGAPS
Naval Operational Global Atmospheric Prediction System est un modèle
global
UKMET
(United
Kingdom Meteorological Office) : comme le NOGAPS & MRF est un
modèle global
Le
NHC 98 : c'est le 6ème d'une
séries de modèles qui est une combinaison statistique
et dynamique de modèle qui utilise les données provenant
de CLIPER avec une combinaison
de données provenant de l'AVN (Aviation) issu du MRF modèle
Le NHC
98 tourne 4 fois par jour; les heures synoptiques de base pour les
prévisions sont 00 et 12 UTC
Les
modèles d'intensité
Le
SHIPS -Statistical Hurricane Intensity
Prediction Scheme Model est un modèle de prévision d'intensité
statisco-dynamique
Ce modèle a été developpé en utilisant la
climatologie, la persistance et des prédicateurs synoptiques.
Les estimations d'intensité sont faites pour des périodes
de 12h jusqu'à 78h. Ce modèle utilise les données
de cylones antérieurs
Semblable
au modèle de prévision de trajectoire CLIPER le modèle
de statistique de prévision d'intensité le
SHIFOR-Statistical Hurricane Intensity
FORecast est utilisé
pour les prévisions de changement de l'ntensité mais reste
peu fiable
Exemple de sorties de modèles numériques
|
Modèles
de prévision d'intensité (CHIPS, JTWC, NGP,...)
en knots
sur une période allant de 0h à 120 heures pour le
système tropical ULUI
Run du 15 mars 2010 à 12h00 UTC
|
Modèles
de prévision de trajectorie (AVN, NGP, JTWC.) en knots
sur une période allant de 0h0 à 120 heures pour
le système tropical ULUI
Run du 13 mars 2010 à 12h00 UTC
|
 |
 |
| |
|
La
liste des modèles de prévisions (récents & obsolètes):
site Wind MIT,
qui suivant les bassins sont utilisés ou non
En effet chaque bassin océanique n'utilise pas tous ces modèles
Vous
pouvez également consulter Wind
MIT pour voir les prévisions des différents
modèles (ex : trajectoire
: GFS, NOGAPS, UKMET, GFLD, ECMWF et intensité
: CHIPS, GFLD, HWRF)
pour un système tropical donné
|
Les
modèles de prévisions numériques pour le
bassin Atlantique où office le RSMC Miami avec le TPC ou
NHC
|
Ainsi plusieurs modèles de prévisions de trajectoire
sont utilisés simultanément :
- le
modèle de base utilisé
pour normaliser les données provenant d'autres modèles
de prévision et comparer les modèles entre eux est
CLIPER (CLImatologie
et PERsistance)
- le
modèle satistico-dynamique,
NHC 98 utilise les données provenant de CLIPER
en combinant des données provenant du modèle aéronautique
(AVN ou Aviation) elles-mêmes tirés du MRF modèle
pour produire une trajectoire prévue 4 fois par jour
- le
modèle Beta et Advection (BAM)
pour lequel la trajectoire suit le vent moyen extrapolé du
modèle aéronautique (AVN ou Aviation) entre 2 niveaux
isobariques
Elle démarre de la position initiale de la tempête
et on lui applique une correction qui tient compte de l'effet beta
Il y a 3 versions pour ce moèdle :
- une pour les basses couches (BAMS) entre 850 et 700hPA
- une pour les couches moyennes (BAMM) entre 850 et 400 hPA
- une pour les couches profondes (BAMD) entre 850 et 200hPA
Depuis 1990 ces 3 versions de ce modèle tournent 4 fois par
jours (00,06,12,18 UTC)
- un
modèle barotropique LBAR emboité
de prévision de trajectoire de cyclone VICBAR
tourne 4 fois par jour depuis 1989, les runs se sont à partir
des du modèle NCEP
- les
modèles NCEP (National
Center For Environmental Prediction) Aviation and MRF
(Medium Range Forecast) sont utilisés depuis la saison
cyclonique de 1992 :
ce sont des modèles globaux
- un
modèle 3D à maille variable
connu sous le nom du modèle GFDL
(Geophysical Fluid Dynamics Laboratory) fourni des prévisions
depuis 1992
- le
United Kingdom Meteorological global model
-UKMET est utilisé pour les prévisions
cycloniques dans le monde entier. le NHC de Miami recoit ses données
depuis 1996
- Le
United States Navy Operational Global Atmospheric
Prediction Systems (NOGAPS)
est un modèle global qui a connu de bons résultats.
Ce modèle est en opération
au NHC depuis 1996
Avec
ses modèles des prévisions sont établies, mais
il existe toujours une marge d'erreurs de 100km à 12h,
200 km à 24h et 350 km à 48h
A
l'inverse il y a peu de modèle de prévisions d'intensité
disponible :
- semblable
au modèle de prévision de trajectoire CLIPER le modèle
de statistique de prévision d'intensité
le SHIFOR-Statistical Hurricane
Intensity FORecast est utilisé
pour les prévisions de changement de l'ntensité
Il
s'agit d'un modèle statistique à régressions
multiples qui utilise au mieux la persistance des tendances d'intensité
et inclut généralement des données climatologiques
- le
NHC a commencé à se servir du modèle
statistico-synoptique le SHIPS-
Statistical Hurricane Intensity Prediction
Schem- au milieu des années
90
Ces sources d'informations synoptiques sont la température
de l'eau de mer, le cisaillement vertical du vent, la divergence
du vent et sa vorticité qu'il combine
d'une manière optimale avec la tendance de l'intensité
du cyclone
- le
modèle GFDL donne aussi
des prévisions de changemnet d'intensité. Mais à
ce jour ses résultats restent moins bons que ceux du SHIFOR
- Un
nouveau projet statistique pour estimer la probabilité d'intensification
rapide a été développé et est maintenant
utilisé en opérationnel
Le projet RI utilise les données
synoptiques et de persistance du modèle SHIPS pour estimer
la probabilité d'intensification rapide toutes les 6 heures
Le
TPC ou NHC de Miami donne pour les 72 heures à venir une
prévision quant à la trajectoire et l'intensité
du cyclone
Et cela 4 fois par jour pour tous les ouragans du nord de l'Atlantique
et le Nord-Est du Pacifique à l'est du 140°W
Le CPHC à Honolulu (Hawai) utilise les mêmes modèles
de prévisons pour les ouragans évoluant dans le Nord du
Pacifque du 140°W à 180°W
|
Les
prévisions à long terme
|
La
qualité des prévisions de trajectoire reste encore toute
relative
S'il parait illusoire de vouloir prévoir le devenir d'un cyclone
au delà de 3 jours on peut considérer comme intéressant
d'avoir des informations sur l'activité cyclonique attendue
pour les prochaines semaines ou les prochains mois
Ce genre de prévisions est encore du domaine de la recherche
Plusieurs organismes s'efforcent chaque année de faire
des prévisions pour la saison à venir pour différents
bassins cycloniques
Les précurseurs ont été les américians
avec le Docteur W.Gray
L'équipe du Docteur W.Gray
a pu démontré qu'il existe des relations entre l'activité
cyclonique surla zone océanique de l'Atlantique et certains
paramètres météorologiques
de grande échellle
Certains de ces paramètres sont ainsi disponibles
6 à 8 mois avant le début de la saison cyclonique
Aainsi pour certains dès novembre de l'année précédente,
d'autres ne le sont qu'après le printemps ou encore seulement
au tout début de l'été
Les techniques de prévisions
utilisées par l'équipe du docteur Gray sont les suivantes
:
- L'Oscillation
Quasi Biennale stratosphérique (Q.B.O) :
Pendant 12 à 15 mois où les vents de la stratosphère
équatoriale soufflent de l'est, c'est à dire la
phase d'est Q.B.O. l'activité
cyclonique du bassin Atlantique est
réduite
La phase d'est est suivie par 13 à 16 mois de vents d'ouest
(cycle régulier de 2 ans) dans la stratosphère équatoriale
pendant lesquels l'activité cyclonique
du bassin Atlantique est augmentée
- L'
Oscillation Australe de l'El Nino
(E.N.S.O. = El Nino South Oscillation):
C'est l'étude de l'influence du phénomène
El Nino correspondant à une anomalie thermique des eaux
de surface au large du Pérou et dans les régions
océaniques
du Pacifique intertropical
Tous les 2 à 7 ans environ on constate que les eaux habituellement
froides dans cette partie du Pacifique sont remplacées
pendant plusieurs mois (de 12 à 18) par
des eaux plus chaudes
Pendant les événements EL Nino (phase
chaude de ce phénomène d'oscillation ou indice d'Oscillation
autrale négatif ou ENSO phase chaude) le
cissaillement vertical augmente dans la troposphère et
cela se traduit par une diminution du nombre
de cyclones et de leur intensité
A contrario le phénomène La Nina (ENSO
phase froide) rehausse l'activité. Ainsi en
1982-1983 il n'a été recensé que 5 puis 4
cyclones sur l'ensemble
de la zone océanique (contre en moyenne 9) alors que la
Polynésie a connu un nombre record de cyclones durant l'hivernage
correspondant
Avec celui des années 82/83 le phénomène
El Nino 97/98 compte parmi les plus intense du siècle
- Précipiations
sur l'ouest du Sahel (A.R.):
Durant les périodes de sécheresse
sur l'ouest du Sahel l'activité
cyclonique sur le bassin Atlantique est fortement
réduite surtout en ce qui concerne
les ouragans intenses
Durant les années humides il y a plus de chance de rencontrer
des cyclones type îles du Cap vert
C'est aussi dû à un renforcement du cisaillement
vertical en haute troposphère pendant les années
de sécheresses amenant des changements dans la structure
des ondes d'Est africainesles empêchant d'évoluer
en ouragan
- Anomalie
de Pression au niveau de la mer (S.L.P.A) :
Si cette anomalie est positive
dans la zone des Caraibes (pression plus élevée
que la normale) l'activité cyclonique
sera inhibée, lorsqu'elle
est négative cette activité sera plus forte
- Anomalie
zonale des vents à 200 hPA sur la zone Caraibe (ZWA)
:
La composante zonale des vents vers 12km d'altitude (pression
atmosphérique à ce niveau est de 200 hPa) dans les
régions intertropicales donne une indication sur
la probabilité de connaitre une saison
cyclonique active (composante
d'Est plus marquée que la moyenne ) ou pas (composante
Ouest prédominante ou
plus faible que la moyenne)
- Gradient
de Pression et Température ( Delta P.T.) :
Les gradients de pression atmosphérique de surface (d'ouest
en est) sur l'Afrique Occidentale entre février et mars
ainsi que ceux de température dans les mêmes régions
sont corrélés avec l'activité cyclonique
à venir. Une déviation
positive correspond à une activité plus
forte, une déviation négative à une activité
moindre
- Anomalie
de Température de surface de la Mer (S.S.T.A) :
2 régions particulières du bassin de l'Océan
Atlantique sont étudiées (l'une au nord de la zone
tempérée, l'autre au sud du Tropique du cancer)
Une anomalie positive de mer plus chaude que d'habitude sera
un indice de cyclogénèse important
; une différence négative avec la moyenne inhibera
la formation d'ouragans
- Anomalie
de pression sur la Zone Pacifique occidental :
La pression atmosphérique réduite au niveau de la
mer des stations météo de Darwin (Australie) et
Tahiti (Polynésie) est enregistré durant plusieurs
mois
L'écart entre les 2 valeurs moyennées fournit un
paramètre le S.O.I
- Puissance
de la dorsale de la zone du Nord Est de l'Atlantique tropical
(Northern Ridge) :
La dorsale étant définie comme l'axe de hautes pressions,
celles de l'anticyclone des Açores dans ce cas d'espèce
Lorsque ces hautes pressions sont plus faibles que la moyenne
l'alizé induit est moins soutenu, la mer restant chaude
plus longtemps en fin d'année
C'est un signe précurseur d'activité cyclonique
assez forte pour l'année suivante
- Anomalie
de température au niveau de pression 100 hectoPascals (Singapore
100mb Temperature Anomaly) :
Etude de la différence de la température au sommet
de la troposphère à 16 km d'altitude à Singapour
Une anomalie négative
à Singapour pourtant situé à 15000 km semble
être un signe de saison cyclonique
ultérieure riche
Grâce
à tous ces paramètres l'équipe de chercheurs
essaiera de prévoir l'année cyclonique à venir
sous plusieurs aspect :
- nombre
de phénomènes baptisés répertoriés
dans l'année
- nombre
total de jours d'existence de ces phénomènes
- nombres
d'ouragans et parmi ceux ci d'ouragan intenses (classe 3)
- nombre
global de jours d'existence d'ouragans et d'ouragans intenses
- potentiel
destructeur cyclonique
- activité
cyclonique globale
Tous
les ans depuis 1984 le docteur Gray publie des prévisions
annuelles d'existence d'ouragans sur le bassin Atlantique début
décembre pour l'année suivante, résultats
qui sont ensuite affinés en avril, puis juin et
finalisés début aôut
En fait l'intérét opérationnel
reste pour l'instant très limité puisqu'on ne peut prévoir
les régions qui seront affectées par les cylones ni à
quel moment
ils se formeront
De plus même si l'on sait que l'année sera peu active il
se peut que l'un des rares cyclones formés cette année-là
passe sur votre territoire
A vous d'en juger l'intérêt.....