CyclnExtrème
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Cyclone Réunion
Saison cyclonique 2001-2002

 

Descriptif des systèmes

11 systèmes cycloniques dont 1 TTM, 2 FTT, 2 CT, 5 CTI, 1 CTTI
Nom
Date
Pus près Réunion km
Vent maximum en surface en km/h
Pression minimum en hPa
Type
ANDRE - ALEX
26 - 31 oct
3650
102
984
Forte tempête tropicale
BAKA
27 nov - 5 déc
3150
139
967
Cyclone tropical
CYPRIEN
01 - 03 janv
1180
93
987
Tempête tropicale modérée
17 - 24 janv
70 (930 hPa)
241
910
Cyclone tropical intense
EDDY
24 - 28 janv
2850
139
967
Cyclone tropical
FRANCESCA
01 - 11 fév
2400
213
927
Cyclone tropical intense
15 - 22 fév
310 (930 hPa)
222
922
Cyclone tropical intense
06 - 13 mars
340 (945 hPa)
260
898
Cyclone tropical très intense
IKALA
24 - 28 mars
2100
203
933
Cyclone tropical intense
JERRY - DIANNE
07 - 11 avril
3300
195
938
Cyclone tropical intense
KESINY
03 - 11 mai
1040
120
976
Forte tempête tropicale

Dénomination du sytème
Vent moyen sur 10 minute en km/h
Pression (hPa)
Dépression tropicale
< 61
>997
Tempête tropicale modérée TTM
62 à 87
986 à 996
Forte tempête tropicale FTT
88 à 117
972 à 985
Cyclone tropical CT
118 à 165
971 à 942
Cyclone tropical intense CTI
166 à 214
941 à 910
Cyclone tropical très intense CTTI
> 215
< à 909
Attention : le vent maximum en surface ne correspond pas au vent moyen sur 10 minutes pour une même pression, il est plus élevé

 

Carte des trajectoires

 

 

Résumé de la saison


Comité des cyclones tropicaux dans le sud-ouest de l'Océan Indien
Examen de la saison cyclonique 2001/2002 présenté par le CMRS de la Réunion

Après une année que l'on pouvait qualifier de plutôt calme, cette saison cyclonique 2001-2002 a été d'une intense activité, se situant au deuxième rang parmi les saisons les plus actives de ces trente dernières années.
L'élément le plus remarquable et le plus caractéristique de cette saison aura été l'intensité moyenne anormalement élevée atteinte par l'ensemble des différentes perturbations, avec une proportion exceptionnelle de systèmes dépressionnaires s'étant développés en cyclones tropicaux.
Fort heureusement la majorité des perturbations a évolué sur l'Est du bassin du Sud-Ouest de l'océan Indien et est donc demeurée loin des terres habitées. Trois d'entre elles ont, toutefois, touché MADAGASCAR, mais sans conséquences trop dommageables, tandis que le cyclone tropical intense DINA, affectait, lui, assez sévèrement les MASCAREIGNES, devenant à ce titre le phénomène le plus mémorable de cette saison cyclonique.
Cette saison a donc été extrêmement active, ce, non pas en raison d'un nombre particulièrement important de systèmes, mais du fait de l'intensité élevée affichée en moyenne par les différents météores. Le nombre de 11 systèmes dépressionnaires ayant atteint le stade de tempête tropicale (et donc baptisés), n'excède, en effet, que peu significativement la normale (la moyenne se situant à 9), mais sur ces 11 systèmes, 9 se sont transformés en cyclone tropicaux, soit une proportion réellement hors norme. Il faut en effet remonter à plus de trente ans en arrière pour retrouver des taux comparables, au début de l'ère satellitaire (à une période où l'imagerie satellitaire était de qualité nettement moindre et les analyses d'intensité des perturbations tropicales sujettes à caution…).
A l'arrivée, cette fréquence inhabituelle de cyclones -double de la normale-, classe cette saison parmi les deux ou trois plus actives depuis 1967 (début de l'ère satellitaire), quasiment au niveau de la dernière "grande saison" en date, celle de 1993-1994, qui demeure la référence en matière de summum d'activité cyclonique sur le bassin du Sud-Ouest de l'océan Indien, que ce soit en terme de nombre de systèmes dépressionnaires ou de nombre de jours cycloniques.
Par rapport à la saison précédente 2000-2001, l'activité perturbée a plus que doublé, avec 73 jours cumulés avec présence d'un système dépressionnaire significatif - d'intensité au moins égale à la tempête tropicale modérée (contre 36 lors de la saison précédente), à comparer avec une moyenne de 53 et une médiane de 48.
Mais l'écart à la normale est encore plus remarquable si l'on considère le nombre de jours cycloniques (avec présence d'un cyclone tropical sur zone) ; ce nombre atteint en effet 35, contre 20 en moyenne (valeur réévaluée en tenant compte de l'ajustement d'échelle Dvorak intervenu fin 1999).
Cette intense activité cyclonique n'a pas été la conséquence d'un nombre de cyclogenèses particulièrement élevé (15 systèmes dépressionnaires ont fait l'objet de l'émission de bulletins, ce qui se situe tout à fait dans la norme), mais a résulté de la très grande facilité avec laquelle, tout au long de la saison, les systèmes dépressionnaires qui se sont formés ont ensuite pu s'intensifier. Ce trait dominant a constitué la spécificité majeure de cette saison 2001-2002.
Outre le fait que 9 cyclones ont ainsi pu voir le jour, ce fort potentiel d'intensification a permis à 5 d'entre eux d'atteindre le stade de cyclone tropical intense, un étant même classé cyclone tropical très intense (HARY succédant ainsi à HUDAH, dernier cyclone en date à avoir connu ce rare privilège -en avril 2000). La dernière fois qu'un tel nombre de cyclones intenses avait été observé, c'était lors de la "fameuse" saison 1993/1994, saison référence que vient donc talonner dans la hiérarchie des saisons d'intense activité la présente saison (26 jours avec présence d'un cyclone tropical mature sur zone - avec intensité de Dvorak CI ³ 5.0, contre 27 en 1993-1994).
Cette saison aura marqué une rupture par rapport aux précédentes en terme de longévité. Les quatre dernières saisons, avaient, en effet, été anormalement tardives et plutôt concentrées dans le temps, s'étendant grosso modo sur les trois-quatre mois de pleine saison chaude. Cette fois, le comportement a été inverse, avec une saison à la fois précoce et tardive, qui s'est étirée du coup sur six mois et demi. Le premier système dépressionnaire, issu du Sud-Est de l'océan Indien, s'est formé fin octobre, ce qui classe cette saison parmi les saisons réellement précoces. Rappelons qu'en matière de date de début de saison, la médiane se situe au 17 novembre (50% des débuts de saison intervenant avant cette date, 50% après). Il faut en fait remonter à septembre 1992, pour trouver le dernier système à avoir démarré plus tôt dans la saison, avec la tempête AVIONA. La clôture de la saison est intervenue très tardivement, le 11 mai 2002, qui correspond de fait à la date du dernier quintile, en terme de date de fin de saison (la dispersion en la matière étant nettement moindre que pour les dates de début de saison, avec notamment une médiane située au 20 avril). Mettant un point d'orgue final à une saison placée sous le signe de systèmes de forte intensité, KESINY n'a pas déparé et est resté dans la lignée des météores précédents, devenant un des rares cyclones répertoriés en mai sur le bassin et surtout le premier depuis le début de l'ère satellitaire à toucher, à l'intensité de cyclone tropical, une terre habitée, en l'occurrence le Nord de MADAGASCAR.
Les cyclogenèses se sont régulièrement réparties sur la saison cyclonique, avec une activité toutefois plus concentrée fin janvier, comme il n'est pas illogique au cœur de la saison chaude.
Outre le fait de n'avoir pas été spécialement nombreuses, mais par contre généralement peu contrariées et "efficaces", on retiendra qu'elles se sont produites prioritairement sur l'Est du bassin ou en-dehors, c'est-à-dire sur le Sud-Est de l'océan Indien, 6 systèmes se formant à l'Est de 80°E, dont 4 à l'Est de 90°E, en zone de responsabilité australienne. Il est à noter qu'un seul système dépressionnaire s'est formé sur le Canal de MOZAMBIQUE, tandis que la zone à proximité des CHAGOS, zone de cyclogenèse habituellement privilégiée, est demeurée improductive.
Enfin, on accordera une mention spéciale au cyclone GUILLAUME pour sa cyclogenèse originale. GUILLAUME s'est également singularisé au niveau de sa trajectoire, réellement atypique. Pour le reste, les trajectoires ont été assez variées, mais avec, comme lors de la saison précédente, une prédominance de trajectoires méridiennes ou "pseudo-paraboliques". Aux trajectoires plutôt zonales, comme assez classiquement observé en début ou en fin de saison, d'ANDRE et de KESINY, ont répondu les trajectoires "pseudo-paraboliques" de DINA et d'HARY, tandis que les systèmes présents en forte concentration sur l'Est du bassin, par suite d'un taux de cyclogenèse important dans ce secteur, présentaient quasiment tous des trajectoires à forte composante méridienne et associées à des points de rebroussement ou à des changements de trajectoire assez marqués.
La plupart des systèmes ont atteint leur pleine maturité entre 15 et 20°Sud, comme c'est souvent le cas sur le bassin, mais cela a été particulièrement spectaculaire cette saison, puisque les 7 systèmes dépressionnaires qui ont circulé dans cette gamme de latitudes y ont tous évolué au stade cyclonique et ce sur quasiment la totalité de cette tranche de latitudes.
Lors des saisons où les trajectoires méridiennes dominent nettement, le risque cyclonique est généralement atténué pour les terres habitées concentrées sur l'Ouest du bassin, et c'est a priori d'autant plus vrai que les cyclogenèses se produisent majoritairement loin à l'Est, comme cela a été le cas lors de cette saison. Cela n'a été que partiellement vérifié, car si l'AFRIQUE AUSTRALE a été effectivement exempte de toute perturbation, il se trouve que les 5 systèmes dépressionnaires à s'être formés à l'ouest de 80°E sont tous venus influencer plus ou moins directement MADAGASCAR et les MASCAREIGNES. MADAGASCAR a été, comme souvent du fait de sa taille, la plus concernée, mais n'a finalement pas eu trop à souffrir des différents météores qui l'ont touchée, du moins comparativement à certaines années. HARY, qui était alors quasiment au maximum de sa puissance, n'a fort heureusement fait que "riper" sur la pointe orientale de la Grande Ile et était qui plus est de taille réduite. Il n'a donc pas eu l'impact désastreux qu'il aurait pu avoir avec une trajectoire différente. Les MASCAREIGNES s'en sont à l'arrivée moins bien sorties, le cyclone intense DINA faisant quelques victimes à MAURICE et laissant derrière lui des dégâts considérables à MAURICE comme à LA REUNION. Elles ont, toutefois, été en partie épargnées, échappant à un impact direct du météore.
Et globalement, on peut tout de même estimer que cette saison cyclonique n'a pas eu les conséquences catastrophiques qu'elle aurait pu avoir, eu égard au potentiel de destruction représenté par un tel nombre de cyclones et de phénomènes particulièrement intenses. Si l'on se réfère à nouveau à la saison 1993-1994, comparable de ce point de vue, on se souvient encore à quel point cette année avait été terrible pour les populations de la côte Est de MADAGASCAR, avec les cyclones GERALDA, LITANNE, DAISY, NADIA. Cette année-là avait également vu un fort taux de cyclogenèse sur l'Est du bassin, mais les trajectoires avaient présenté une forte zonalité. Plus que la localisation des cyclogenèses et leur éloignement des terres habitées, c'est donc plutôt l'aspect trajectoires et leur orientation qui est l'élément primordial.
En l'occurrence, la tendance méridienne dominante de cette saison 2001-2002, a bien eu un effet modérateur évident comparativement à 1993-1994