CyclnExtrème
La météo des cyclones, ouragans, typhons & tempêtes sur le globe...
Cyclone Réunion
Saison cyclonique 2002-2003

 

Descriptif des systèmes

13 systèmes cycloniques dont 5 TTM, 1 FTT, 4 CT, 2 CTI, 1 CTTI
Nom
Date
Pus près Réunion km
Vent maximum en surface en km/h
Pression minimum en hPa
Type
ATANG
06 - 13 nov
-
84
991
Tempête tropicale modérée
BOURA
15 - 23 nov
600
139
967
Cyclone tropical
23 - 29 déc
385 (956 hPa)
167
954
Cyclone tropical
DELPHINA
30 déc - 1er janv
-
102
984
Tempête tropicale modérée
EBULA
08 - 12 janv
1450
120
976
Forte tempête tropicale
FARI
23 janv - 1er fév
-
102
984
Tempête tropicale modérée
08 - 15 fév
290 (955hPa)
195
938
Cyclone tropical intense
HAPE
10 - 14 fév
1040
149
963
Cyclone tropical
ISHA
11 - 14 fév
3050
84
991
Tempête tropicale modérée
JAPHET
26 fév - 3 mars
1650
213
927
Cyclone tropical intense
5 - 15 mars
830
260
898
Cyclone tropical très intense
LUMA
11 - 12 avril
-
-
985
Tempête tropicale modérée
3 - 10 mai
-
139
967
Cyclone tropical

Dénomination du sytème
Vent moyen sur 10 minute en km/h
Pression (hPa)
Dépression tropicale
< 61
>997
Tempête tropicale modérée TTM
62 à 87
986 à 996
Forte tempête tropicale FTT
88 à 117
972 à 985
Cyclone tropical CT
118 à 165
971 à 942
Cyclone tropical intense CTI
166 à 214
941 à 910
Cyclone tropical très intense CTTI
> 215
< à 909
Attention : le vent maximum en surface ne correspond pas au vent moyen sur 10 minutes pour une même pression, il est plus élevé

 

Carte des trajectoires

 

Résumé de la saison

Rapport du comité des cyclones tropicaux dans le sud-ouest de l'Océan Indien
Examen de la saison cyclonique 2002-2003 présenté par le CMRS de la Réunion

Succédant à une saison d'intense activité, la saison cyclonique 2002-2003 est restée, à bien des égards, dans la lignée de sa devancière. Cela a été de nouveau, une saison longue et active sur le bassin du Sud-Ouest de l'océan Indien.
Le nombre de systèmes dépressionnaires à s'être développés a même surpassé celui de la saison précédente, se situant à un niveau très élevé.
Mais si les perturbations ont été plus nombreuses, elles ont, toutefois, été moins intenses globalement que lors de la saison 2001-2002 (qui avait été exceptionnelle de ce point de vue), malgré une proportion de nouveau supérieure à la normale de cyclones tropicaux.
Avec cette forte activité perturbée, peu de terres habitées ont pu échapper à l'influence plus ou moins directe d'une ou de plusieurs perturbations, qui ont prélevé un tribut humain et économique encore bien lourd cette saison...

Treize perturbations ont été classées au stade de tempête tropicale (contre 11 la saison passée), soit un nombre très important pour le bassin, puisque très proche du nombre maximal de 14 observé depuis le début de l'ère satellitaire (1967-1968). Huit d'entre elles ont atteint la force ouragan (sept cyclones tropicaux, plus un système subtropical ayant atteint de manière éphémère ce stade). Rappelons que la normale de l'activité du bassin se situe à neuf tempêtes tropicales, dont un peu moins de la moitié atteignent le stade cyclonique.

A l'image de la saison précédente, cette forte activité perturbée n'a pas résulté d'un nombre de cyclogenèses hors norme. 16 systèmes dépressionnaires ont fait l'objet de l'émission de bulletins, soit seulement un de plus que lors de l'exercice précédent et le même nombre que lors de la peu active saison 1997-1998 par exemple (ce nombre de cyclogenèses a d'ailleurs été très stable au cours des dernières années, se situant depuis cinq ans dans la fourchette 14-16, seule la saison 2000-2001 faisant exception). Mais le taux de conversion en perturbations matures (13 tempêtes tropicales pour 16 perturbations embryonnaires) a été particulièrement élevé, indiquant des conditions environnementales généralement très favorables. Le nombre de perturbations baptisées ne suffit toutefois pas à quantifier à lui seul le degré d'activité d'une saison.

Le nombre de jours d'activité cyclonique, paramètre plus représentatif de l'activité perturbée, est en l'occurrence nettement plus parlant et relativise le niveau d'activité de cette saison. Avec 24 jours cumulés avec présence d'un cyclone tropical sur zone (nombre de jours cycloniques), cette saison ne présente que 20% d'excédent par rapport à la normale (moyenne de 20 jours) et arrive loin derrière les 35 jours de 2001-2002. L'intensité moindre des perturbations de cette saison et surtout leur longévité réduite au stade cyclonique expliquent cette différence : il n'y a ainsi eu qu'une seule perturbation qui soit parvenue à se maintenir plus de trois jours à la force ouragan -le cyclone KALUNDE-, contre quatre la saison précédente.

L'effet du nombre, 13 tempêtes tropicales ou cyclones, a par contre joué sur le nombre de jours avec présence d'un système dépressionnaire d'intensité au moins égale à la tempête tropicale modérée. Avec 68 jours cumulés, on obtient un nombre nettement supérieur à la normale (moyenne de 53, pour une médiane de 48), correspondant à un niveau d'activité perturbée élevé, mais toutefois inférieur également à celui de la saison précédente (où il avait atteint 73 jours), malgré un nombre supérieur de perturbations.

Si en terme de longévité, les perturbations de cette saison n'ont pu rivaliser avec leurs devancières de 2001-2002, il n'en a pas été de même pour la saison cyclonique proprement dite, qui a fait mieux que cela, s'étirant sur plus de huit mois. 2002-2003 figure parmi les saisons cycloniques à la fois les plus précoces et les plus tardives. Depuis le début de l'ère satellitaire (1967-1968), seulement quatre saisons avaient démarré plus tôt et, curieusement, quatre fini plus tard (en fixant le début de saison au 1er juillet).

Les zones de cyclogenèse ont constitué le point de différentiation majeure comparativement à la saison précédente. Contrairement à 2001-2002, aucun système dépressionnaire n'a été issu du Sud-Est de l'océan Indien (à l'est du méridien 90°E), tous se formant sur notre zone Sud-Ouest, la zone centrale du bassin (au sud-ouest des CHAGOS) et le Canal de MOZAMBIQUE, plutôt improductifs la saison précédente, amenant cette fois une contribution prépondérante. Les systèmes se sont par ailleurs formés, en moyenne, plus au sud, au voisinage ou au sud du 10ème parallèle sud pour la majorité.

La typologie des trajectoires a présenté quant à elle des analogies certaines avec celle de la saison antérieure. Qu'elles aient été pseudo-paraboliques classiques (comme celles de KALUNDE ou CRYSTAL) ou atypiques (comme celles de GERRY ou HAPE), les trajectoires méridiennes ou à orientation sud-est dominantes, ont été les plus nombreuses, avec pour conséquence de privilégier l'évacuation vers les latitudes sud d'une majorité de systèmes. Une trajectoire zonale s'est tout de même fait remarquer, celle du premier système de la saison, formé extrêmement près de l'Equateur et passé ensuite sur le cœur de l'archipel des SEYCHELLES. Avec ce système, dès le début septembre et cette ouverture précoce de la saison cyclonique, la tonalité à venir des événements avait ainsi été affichée d'emblée : cette saison ne passerait pas inaperçue et laisserait des traces… Cette première perturbation de la saison (non baptisée) traçait, en effet, une route inédite de par sa proximité de l'Equateur. Les SEYCHELLES, dont les îles principales se croyaient, si ce n'est bénies des dieux, du moins à l'abri du risque cyclonique, étaient traversées par un système dépressionnaire jamais vu de mémoire d'homme. Malgré l'intensité relativement faible de ce phénomène, son passage était sérieusement ressenti sur la petite île de PRASLIN, qui subissait des dégâts matériels significatifs. D'autres conséquences plus funestes étaient, hélas, à venir…

Avec la forte activité perturbée, peu de terres habitées allaient échapper à l'influence plus ou moins directe d'une ou de plusieurs perturbations : L'AFRIQUE AUSTRALE, et prioritairement sa façade maritime mozambicaine, totalement épargnées l'an passé, subissaient cette fois l'impact de la tempête tropicale DELFINA, puis du cyclone tropical JAPHET. Plus que les vents, ce sont les pluies associées et les inondations induites par ces deux météores qui ont fait des dizaines de victimes au MOZAMBIQUE et au MALAWI. Les MASCAREIGNES ont pour leur part vu nombre de perturbations rôder dans leurs parages, et si l'île MAURICE n'a été qu'effleurée, et en conséquence modérément affectée, par le cyclone GERRY, l'île RODRIGUES n'a pas été aussi chanceuse, subissant de plein fouet le cyclone KALUNDE. Même si ce phénomène, le plus puissant de la saison, était alors en phase d'affaiblissement, les rafales de vents supérieures à 200 km/h et les pluies temporairement diluviennes associées au passage du météore ont provoqué d'importants dommages sur la petite possession mauricienne. La fin de saison a de fait été difficile. MADAGASCAR, jusque là relativement épargné, puisque n'ayant connu jusqu'au mois d'avril que l'influence très modérée de la tempête tropicale FARI, a une nouvelle fois payé un lourd tribut à l'occasion de l'impact du dernier système dépressionnaire de la saison, le cyclone tropical MANOU, qui a durement frappé la côte est de la Grande Ile, faisant de nombreuses victimes. Avec MANOU la saison s'est clôturée comme elle avait commencé, par un phénomène exceptionnel. Le cyclone tropical KESINY avait constitué un événement inédit l'an passé, puisque c'était la première fois depuis le début de l'ère satellitaire qu'un système dépressionnaire affectait, au stade de cyclone tropical, une terre habitée du bassin en mai. Mais MANOU a revêtu un caractère encore plus hors norme. Plus intense que KESINY, il est surtout, des six cyclones tropicaux répertoriées sur le bassin depuis 1967 au mois de mai, celui ayant atteint cette intensité à la latitude la plus élevée jamais observée durant cette période (au sud de 19°Sud). Par ailleurs, le fait qu'un cyclone tropical ait pu toucher une terre habitée deux années à suivre en mai, alors que cela ne s'était jamais produit auparavant, oblige à se poser des questions. S'agit-il d'une pure et extraordinaire coïncidence, ou alors faut-il craindre que ce type de phénomène ne se reproduise désormais régulièrement ?
On sait les multiples interrogations que suscite la perspective du réchauffement climatique annoncé. Une des questions majeures pour notre zone, de même que pour les autres bassins cycloniques du globe, est bien sûr de savoir s'il faut envisager un accroissement de l'activité cyclonique (en nombre et/ou intensité). Les études actuelles n'ont pas permis de trancher cette question, qui demeure ouverte. Mais on ne peut, toutefois, s'empêcher de penser que, s'il n'y aura pas forcément d'impact durant le cœur de la saison cyclonique, une modification des températures de surface de la mer pourrait, à la marge, avoir une influence, c'est-à-dire en début ou en fin de saison cyclonique, en permettant des cyclogenèses plus précoces et plus tardives. On peut alors raisonnablement s'interroger sur le fait de savoir si les épisodes KESINY et MANOU ne sont pas les premières manifestations tangibles d'un tel début d'allongement de la saison cyclonique… Le fait est que les températures de la mer étaient anormalement élevées cette année 2003 et que la saison cyclonique a effectivement été extrêmement longue, s'étirant de septembre jusqu'à mai, soit sur plus de huit mois