| 13
systèmes cycloniques dont 5 TTM, 1 FTT, 4 CT, 2 CTI, 1 CTTI |
| Nom |
Date |
Pus près
Réunion km | Vent
maximum en surface en km/h |
Pression minimum
en hPa | Type |
| ATANG |
06 - 13 nov
| - |
84 |
991 |
Tempête
tropicale modérée |
|
BOURA |
15 - 23 nov
| 600 |
139 |
967 |
Cyclone tropical |
| |
23 - 29 déc |
385 (956 hPa) |
167 |
954 |
Cyclone tropical |
| DELPHINA |
30 déc
- 1er janv |
- |
102 |
984 |
Tempête
tropicale modérée |
|
EBULA |
08 - 12 janv
| 1450 |
120 |
976 |
Forte tempête
tropicale |
|
FARI |
23 janv -
1er fév |
- |
102 |
984 |
Tempête
tropicale modérée |
|
|
08 - 15 fév
| 290
(955hPa) | 195 |
938 |
Cyclone tropical
intense |
|
HAPE |
10 - 14 fév
| 1040 |
149 |
963 |
Cyclone tropical |
| ISHA |
11 - 14 fév
| 3050 |
84 |
991 |
Tempête
tropicale modérée |
|
JAPHET |
26 fév
- 3 mars | 1650 |
213 |
927 |
Cyclone tropical
intense |
|
|
5 - 15 mars
| 830 |
260 |
898 |
Cyclone tropical
très intense |
|
LUMA |
11 - 12 avril
| - |
- |
985 |
Tempête
tropicale modérée |
|
|
3 - 10 mai
| - |
139 |
967 |
Cyclone tropical |
| Dénomination
du sytème | Vent
moyen sur 10 minute en km/h |
Pression
(hPa) |
|
Dépression
tropicale |
< 61 |
>997 |
| Tempête
tropicale modérée TTM |
62 à 87 |
986 à 996 |
| Forte
tempête tropicale FTT |
88 à 117 |
972 à 985 |
| Cyclone
tropical CT |
118 à 165 |
971 à 942 |
| Cyclone
tropical intense CTI |
166 à 214 |
941 à 910 |
| Cyclone
tropical très intense CTTI |
> 215 |
< à 909 |
Attention
: le vent maximum en surface ne correspond pas au vent moyen sur 10 minutes pour
une même pression, il est plus élevé |
Rapport
du comité des cyclones tropicaux dans le sud-ouest de l'Océan Indien
Examen de la saison cyclonique 2002-2003 présenté par le CMRS
de la Réunion
Succédant à une saison d'intense activité, la
saison cyclonique 2002-2003 est restée, à bien des égards, dans la lignée
de sa devancière. Cela a été de nouveau, une saison longue et active sur le
bassin du Sud-Ouest de l'océan Indien.
Le nombre de systèmes dépressionnaires
à s'être développés a même surpassé celui de la saison précédente, se situant
à un niveau très élevé.
Mais si les perturbations ont
été plus nombreuses, elles ont, toutefois, été moins intenses globalement que
lors de la saison 2001-2002 (qui avait été exceptionnelle de ce point de
vue), malgré une proportion de nouveau supérieure à la normale de cyclones tropicaux.
Avec cette forte activité perturbée, peu de terres habitées ont pu échapper
à l'influence plus ou moins directe d'une ou de plusieurs perturbations, qui ont
prélevé un tribut humain et économique encore bien lourd cette saison...
Treize perturbations ont été classées au stade de tempête tropicale (contre
11 la saison passée), soit un nombre très important pour le bassin, puisque
très proche du nombre maximal de 14 observé depuis le début
de l'ère satellitaire (1967-1968). Huit d'entre elles ont atteint la
force ouragan (sept cyclones tropicaux, plus un système subtropical ayant
atteint de manière éphémère ce stade). Rappelons que la normale de l'activité
du bassin se situe à neuf tempêtes tropicales, dont un peu moins de la moitié
atteignent le stade cyclonique.
A l'image de la saison précédente, cette
forte activité perturbée n'a pas résulté d'un nombre de cyclogenèses hors norme.
16 systèmes dépressionnaires ont fait l'objet de l'émission de bulletins,
soit seulement un de plus que lors de l'exercice précédent et le même nombre que
lors de la peu active saison 1997-1998 par exemple (ce nombre de cyclogenèses
a d'ailleurs été très stable au cours des dernières années, se situant depuis
cinq ans dans la fourchette 14-16, seule la saison 2000-2001 faisant exception).
Mais le taux de conversion en perturbations matures (13 tempêtes tropicales pour
16 perturbations embryonnaires) a été particulièrement élevé, indiquant des
conditions environnementales généralement très favorables. Le nombre de perturbations
baptisées ne suffit toutefois pas à quantifier à lui seul le degré d'activité
d'une saison.
Le nombre de jours d'activité cyclonique, paramètre
plus représentatif de l'activité perturbée, est en l'occurrence nettement plus
parlant et relativise le niveau d'activité de cette saison. Avec
24 jours cumulés avec présence d'un cyclone tropical sur zone (nombre
de jours cycloniques), cette saison ne présente que 20%
d'excédent par rapport à la normale (moyenne de 20 jours) et arrive loin
derrière les 35 jours de 2001-2002. L'intensité moindre des perturbations de cette
saison et surtout leur longévité réduite au stade cyclonique expliquent cette
différence : il n'y a ainsi eu qu'une seule perturbation
qui soit parvenue à se maintenir plus de trois jours à la force ouragan -le cyclone
KALUNDE-, contre quatre la saison précédente.
L'effet du nombre, 13 tempêtes tropicales ou cyclones, a par contre joué
sur le nombre de jours avec présence d'un système dépressionnaire d'intensité
au moins égale à la tempête tropicale modérée. Avec 68 jours cumulés,
on obtient un nombre nettement supérieur à la normale (moyenne de 53, pour une
médiane de 48), correspondant à un niveau d'activité perturbée élevé, mais toutefois
inférieur également à celui de la saison précédente (où il avait atteint 73 jours),
malgré un nombre supérieur de perturbations.
Si en terme de longévité,
les perturbations de cette saison n'ont pu rivaliser avec leurs devancières de
2001-2002, il n'en a pas été de même pour la saison cyclonique proprement dite,
qui a fait mieux que cela, s'étirant sur plus de huit mois. 2002-2003
figure parmi les saisons cycloniques à la fois les plus précoces et les plus tardives.
Depuis le début de l'ère satellitaire (1967-1968), seulement quatre saisons avaient
démarré plus tôt et, curieusement, quatre fini plus tard (en fixant le début de
saison au 1er juillet).
Les zones de cyclogenèse ont constitué
le point de différentiation majeure comparativement à la saison précédente. Contrairement
à 2001-2002, aucun système dépressionnaire n'a été issu du Sud-Est de l'océan
Indien (à l'est du méridien 90°E), tous se formant sur notre zone Sud-Ouest, la
zone centrale du bassin (au sud-ouest des CHAGOS) et le Canal de MOZAMBIQUE, plutôt
improductifs la saison précédente, amenant cette fois une contribution prépondérante.
Les systèmes se sont par ailleurs formés, en moyenne, plus au sud, au voisinage
ou au sud du 10ème parallèle sud pour la majorité.
La typologie des
trajectoires a présenté quant à elle des analogies certaines avec celle de
la saison antérieure. Qu'elles aient été pseudo-paraboliques classiques
(comme celles de KALUNDE ou CRYSTAL) ou atypiques (comme celles de GERRY
ou HAPE), les trajectoires méridiennes ou à orientation sud-est dominantes,
ont été les plus nombreuses, avec pour conséquence de privilégier l'évacuation
vers les latitudes sud d'une majorité de systèmes. Une trajectoire zonale
s'est tout de même fait remarquer, celle du premier système de la saison, formé
extrêmement près de l'Equateur et passé ensuite sur le cœur de l'archipel des
SEYCHELLES. Avec ce système, dès le début septembre et cette ouverture précoce
de la saison cyclonique, la tonalité à venir des événements avait ainsi été affichée
d'emblée : cette saison ne passerait pas inaperçue et laisserait des traces… Cette
première perturbation de la saison (non baptisée) traçait, en effet, une route
inédite de par sa proximité de l'Equateur. Les SEYCHELLES, dont les îles principales
se croyaient, si ce n'est bénies des dieux, du moins à l'abri du risque cyclonique,
étaient traversées par un système dépressionnaire jamais vu de mémoire d'homme.
Malgré l'intensité relativement faible de ce phénomène, son passage était sérieusement
ressenti sur la petite île de PRASLIN, qui subissait des dégâts matériels significatifs.
D'autres conséquences plus funestes étaient, hélas, à venir…
Avec
la forte activité perturbée, peu de terres habitées allaient échapper à l'influence
plus ou moins directe d'une ou de plusieurs perturbations : L'AFRIQUE AUSTRALE,
et prioritairement sa façade maritime mozambicaine, totalement épargnées l'an
passé, subissaient cette fois l'impact de la tempête tropicale DELFINA, puis du
cyclone tropical JAPHET. Plus que les vents, ce sont les pluies associées et les
inondations induites par ces deux météores qui ont fait des dizaines de victimes
au MOZAMBIQUE et au MALAWI. Les MASCAREIGNES ont pour leur part vu nombre de perturbations
rôder dans leurs parages, et si l'île MAURICE n'a été qu'effleurée, et en conséquence
modérément affectée, par le cyclone GERRY, l'île RODRIGUES n'a pas été aussi chanceuse,
subissant de plein fouet le cyclone KALUNDE. Même si ce phénomène, le plus puissant
de la saison, était alors en phase d'affaiblissement, les rafales de vents supérieures
à 200 km/h et les pluies temporairement diluviennes associées au passage du météore
ont provoqué d'importants dommages sur la petite possession mauricienne. La fin
de saison a de fait été difficile. MADAGASCAR, jusque là relativement épargné,
puisque n'ayant connu jusqu'au mois d'avril que l'influence très modérée de la
tempête tropicale FARI, a une nouvelle fois payé un lourd tribut à l'occasion
de l'impact du dernier système dépressionnaire de la saison, le cyclone tropical
MANOU, qui a durement frappé la côte est de la Grande Ile, faisant de nombreuses
victimes. Avec MANOU la saison s'est clôturée comme elle avait commencé, par un
phénomène exceptionnel. Le cyclone tropical KESINY avait constitué un événement
inédit l'an passé, puisque c'était la première fois depuis le début de l'ère satellitaire
qu'un système dépressionnaire affectait, au stade de cyclone tropical, une terre
habitée du bassin en mai. Mais MANOU a revêtu un caractère encore plus
hors norme. Plus intense que KESINY, il est surtout, des six cyclones tropicaux
répertoriées sur le bassin depuis 1967 au mois de mai, celui ayant atteint cette
intensité à la latitude la plus élevée jamais observée durant cette période (au
sud de 19°Sud). Par ailleurs, le fait qu'un cyclone tropical ait pu toucher une
terre habitée deux années à suivre en mai, alors que cela ne s'était jamais produit
auparavant, oblige à se poser des questions. S'agit-il d'une pure et extraordinaire
coïncidence, ou alors faut-il craindre que ce type de phénomène ne se reproduise
désormais régulièrement ?
On sait les multiples interrogations que suscite
la perspective du réchauffement climatique annoncé. Une des questions majeures
pour notre zone, de même que pour les autres bassins cycloniques du globe, est
bien sûr de savoir s'il faut envisager un accroissement de l'activité cyclonique
(en nombre et/ou intensité). Les études actuelles n'ont pas permis de trancher
cette question, qui demeure ouverte. Mais on ne peut, toutefois, s'empêcher de
penser que, s'il n'y aura pas forcément d'impact durant le cœur de la saison cyclonique,
une modification des températures de surface de la mer pourrait, à la marge, avoir
une influence, c'est-à-dire en début ou en fin de saison cyclonique, en permettant
des cyclogenèses plus précoces et plus tardives. On peut alors raisonnablement
s'interroger sur le fait de savoir si les épisodes KESINY et MANOU ne sont pas
les premières manifestations tangibles d'un tel début d'allongement de la saison
cyclonique… Le fait est que les températures de la mer étaient anormalement élevées
cette année 2003 et que la saison cyclonique a effectivement été extrêmement longue,
s'étirant de septembre jusqu'à mai, soit sur plus de huit mois