Un système dépressionnaire est
baptisé lorsque les vents moyens près du centre atteingnent
le seuil de 63 km/h ce qui correspond au stade de tempête tropicale
modérée
Noms
pour l'année :
Abaimba, Beni, Cela, Darius, Elita, Frank, Gafilo,
Helma , Itseng, Juba, Katiba, Lenny, Moingaza,
Naledi, Olie, Patou, Quilmane, Ralph, Sefate, Tom, Umuri, Valetta, Wells,
Xivier, Yvonne, Zuri
|
10
systèmes cycloniques dont 1 TTM, 6 FTT, 0 CT, 2 CTI, 1 CTTI
|
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Nom
|
Date
|
Pus
près Réunion km
|
Pression
minimum
en hPa
|
Vents
maximum en surface en km/h
|
Type
|
|
ABAIMBA
|
29 sept -4
oct
|
>1000
|
990
|
84
|
Tempête
tropicale modérée
|
|
BENI
|
9 - 20 nov
|
>1000
|
943
|
183
|
Cyclone tropical
intense
|
|
CELA
|
5 - 21 déc
|
750
|
976
|
120
|
Forte tempête
tropicale
|
|
DARIUS
|
24 déc - 5 janv
|
350
|
976
|
120
|
Forte
tempête tropicale
|
|
|
26 janv - 04
fév
|
350
|
976
|
120
|
Forte tempête
tropicale
|
|
|
27 janv - 06
fév
|
890
|
916
|
232
|
Cyclone tropical
intense
|
|
|
2
- 13 mars
|
720
|
898
|
260
|
Cyclone
tropical très intense
|
|
HELMA
- NICKY
|
08
- 13 mars
|
>1000
|
976
|
120
|
Forte
tempête tropicale
|
|
ITSENG
|
27 - 28 mars
|
>1000
|
978
|
108
|
Forte tempête
tropicale
|
|
JUBA
|
5 - 14 mai
|
>1000
|
976
|
120
|
Forte tempête
tropicale
|
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Dénomination
du sytème
|
Vent
moyen sur 10 minute en km/h
|
Pression
(hPa)
|
|
Dépression
tropicale
|
< 61
|
>997
|
|
Tempête
tropicale modérée TTM
|
62 à
87
|
986 à
996
|
|
Forte
tempête tropicale FTT
|
88 à
117
|
972 à
985
|
|
Cyclone
tropical CT
|
118 à
165
|
971 à
942
|
|
Cyclone
tropical intense CTI
|
166 à
214
|
941 à
910
|
|
Cyclone
tropical très intense CTTI
|
> 215
|
< à
909
|
| Attention
: le vent maximum en surface ne correspond pas au vent moyen sur 10
minutes pour une même pression, il est plus élevé |
 |
LA SAISON CYCLONIQUE 2003-2004 DANS
LE SUD-OUEST DE L’OCEAN INDIEN par le CMRS de la Réunion
A l’image de la saison 2002-2003 précédente,
la saison cyclonique 2003-2004 a de nouveau
été très longue sur le Sud-Ouest de l’océan Indien, mais avec une
activité moindre, qui a ainsi retrouvé un niveau proche de la normale.
Cette saison se sera sinon caractérisée par quelques
trajectoires atypiques et pour certaines particulièrement tortueuses,
le summum en la matière ayant été atteint par la trajectoire abracadabrante
d’ELITA, l’ayant fait traverser Madagascar
trois fois consécutivement. Ce météore ne se sera hélas
pas limité à cette singularité, ses passages successifs sur la Grande
Ile faisant plusieurs dizaines de victimes et des dégâts très importants.
Mais ce lourd bilan humain et économique fut toutefois sans commune
mesure avec celui laissé quelques semaines plus tard par le terrible
cyclone GAFILO, un des plus violents
et des plus dévastateurs qu’ait connu le bassin lors de ces dernières
décennies, LE phénomène qui aura marqué de son empreinte
cette saison et quasiment éclipsé tout le reste.
Seize systèmes dépressionnaires ont
fait l’objet de l’émission de bulletins, soit un nombre identique
à celui de l’exercice précédent, un paramètre qui a d’ailleurs fait
montre d’une stabilité remarquable depuis plusieurs années.
Les cyclogenèses n’ont toutefois
pas été aussi efficaces comparativement à la saison précédente, lors
de laquelle le taux de conversion en phénomènes matures avait été
réellement exceptionnel. Dix tempêtes tropicales
ont ainsi été recensées cette saison, un nombre quasiment
normal pour le bassin (la normale climatologique étant de neuf tempêtes).
La moitié d’entre elles ont ensuite atteint
le stade de cyclone tropical, une proportion également
conforme à la normale.
L’examen du nombre de jours d’activité cyclonique, paramètre
davantage fiable pour décrire l’activité perturbée, permet d’affiner
ce diagnostic. Avec 19 jours cumulés où l’on a observé la présence
d’un cyclone tropical sur zone (nombre de jours cycloniques), on peut
considérer que l’activité cyclonique proprement dite a été quasiment
rigoureusement normale (la moyenne se situant à 20 jours).
L’activité perturbée à un stade plus modéré, a par contre été
légèrement supérieure à la normale, puisque le nombre de jours avec
présence d’un système dépressionnaire d’intensité au moins égale à
la tempête tropicale modérée a été de 57 (pour une moyenne de 53 et
une médiane de 48).
Comme lors de la saison 2002-2003, un seul système dépressionnaire
a réussi à se maintenir durablement (plus de trois jours) à la force
ouragan (le cyclone FRANK).
Cela n’a pas été la seule analogie entre ces deux saisons.
Les similarités de comportement les plus
évidentes ont concerné les débuts et fins de saison respectifs.
Le début de saison a, en particulier,
été étonnamment ressemblant de celui de l’exercice précédent, quasiment
une copie conforme. Dans les deux cas, quatre systèmes dépressionnaires
se sont développés avant la fin d’année, ce qui en soit n’est déjà
pas si commun (le baptême du quatrième système dépressionnaire
de la saison intervenant en moyenne une année sur six avant le 31
décembre) et, qui plus est, suivant un calendrier quasiment identique
; le premier système dépressionnaire -une tempête tropicale- se
formant en septembre (moins précocement toutefois qu’en 2002),
suivi du premier cyclone en novembre, avant qu’un second
ne se forme en décembre, précédant la formation d’une nouvelle
tempête tropicale en toute fin d’année.
Le dernier système baptisé de la saison s’est
quant à lui développé en mai, et il s’agit là de la réédition
d’un événement qui s’était déjà produit non seulement en 2003, mais
également en 2002. Même si cette fois-ci ce dernier système tardif
de la saison n’a pas atteint le stade cyclonique, comme cela avait
été le cas lors des mois de mai 2002 et 2003, cette succession
inédite de trois années consécutives avec un phénomène mature en mai,
relance inévitablement les nombreuses interrogations déjà soulevées
l’an passé, notamment sur une tendance potentielle, voire déjà effective,
à l’allongement des saisons cycloniques, avec les spéculations sous-jacentes
d’un éventuel lien avec le réchauffement climatique. Sans beaucoup
plus de réponses définitives pour l’heure.
Toujours est-il que les conséquences en terme
de longévité de la saison ont été quasiment équivalentes
: 2003-2004 a de nouveau été, dans la lignée de sa devancière, une
des plus longues de la période contemporaine, s’étalant sur plus
de sept mois et demi, de la fin septembre à la mi-mai.
Si les cyclogenèses se sont largement étalées
dans le temps, elles ne se sont par contre guère étalées dans l’espace,
se concentrant sur la zone autour de Diego-Garcia (archipel des Chagos),
aire géographique qui a justifié encore plus que de coutume sa réputation
de zone privilégiée de cyclogenèse du bassin. Seuls trois
systèmes, sur les dix dénombrés, ont trouvé leur origine hors de cette
zone, dont un seul formé sur le Canal de Mozambique et deux issus
de la zone Sud-Est de l’océan Indien.
Les trajectoires
observées cette saison n’ont pas souvent été du pain béni pour les
prévisionnistes : la régularité n’a guère été de mise et
points de rebroussement, changements de trajectoires brusques, dans
des directions parfois très inhabituelles, ont même été le lot de
quelques spécimens particulièrement difficiles à gérer, comme les
cyclones BENI et FRANK.
Mais en matière de trajectoire "exotique", il sera difficile de
faire mieux qu’ELITA et sa trajectoire-tourniquet autour de Madagascar
(même si elle n’est pas sans précédent –confer celle de FELICIE en
1971).
Si les cyclogenèses se sont focalisées dans la zone Centre-Est du
bassin, les dégâts se sont eux concentrés sur Madagascar. Contrairement
à l’an passé, où les impacts des différents météores avaient été très
disséminés dans l’espace, avec quasiment aucune terre habitée qui
n’ait pas été directement ou indirectement affectée, cette année la
plupart des territoires s’en sont bien sortis. L’Afrique Australe
et le Mozambique en particulier, ont été complètement épargnés, tandis
que les Mascareignes n’ont pas eu à souffrir du passage de DARIUS,
dont les pluies ont même été bénéfiques pour l’île Maurice, mettant
fin à une longue période de sécheresse.
Malgré cela, cette saison cyclonique restera comme une saison à marquer
d’une pierre noire, une des pires qu’ait connues Madagascar lors de
ces vingt dernières années. Habituée à subir les assauts de cyclones
dévastateurs, la Grande Ile a cette fois
été la cible de deux météores exceptionnels : l’un, ELITA, rendu redoutable
par sa trajectoire incroyable, l’ayant fait traverser l’île a trois
reprises dans une sarabande infernale ; l’autre, GAFILO, tout simplement
monstrueux de puissance, et pour lequel il a fallu dénombrer les victimes
non pas par dizaines, mais par centaines, sans parler des centaines
de milliers de sinistrés. Deux cyclones mémorables à bien des égards,
qui viennent rejoindre une liste déjà longue de phénomènes de sinistre
mémoire, tels les ELINE ou GERALDA, pour n’évoquer que ceux de la
dernière décennie.
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