CyclnExtrème
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Cyclone Réunion
Saison cyclonique 2003-2004

 

Descriptif des systèmes

Un système dépressionnaire est baptisé lorsque les vents moyens près du centre atteingnent le seuil de 63 km/h ce qui correspond au stade de tempête tropicale modérée
Noms pour l'année : Abaimba, Beni, Cela, Darius, Elita, Frank, Gafilo, Helma , Itseng, Juba, Katiba, Lenny, Moingaza, Naledi, Olie, Patou, Quilmane, Ralph, Sefate, Tom, Umuri, Valetta, Wells, Xivier, Yvonne, Zuri
10 systèmes cycloniques dont 1 TTM, 6 FTT, 0 CT, 2 CTI, 1 CTTI
Nom
Date
Pus près Réunion km
Pression minimum
en hPa
Vents maximum en surface en km/h
Type
ABAIMBA
29 sept -4 oct
>1000
990
84
Tempête tropicale modérée
BENI
9 - 20 nov
>1000
943
183
Cyclone tropical intense
CELA
5 - 21 déc
750
976
120
Forte tempête tropicale
DARIUS
24 déc - 5 janv
350
976
120
Forte tempête tropicale
26 janv - 04 fév
350
976
120
Forte tempête tropicale
27 janv - 06 fév
890
916
232
Cyclone tropical intense
2 - 13 mars
720
898
260
Cyclone tropical très intense
HELMA - NICKY
08 - 13 mars
>1000
976
120
Forte tempête tropicale
ITSENG
27 - 28 mars
>1000
978
108
Forte tempête tropicale
JUBA
5 - 14 mai
>1000
976
120
Forte tempête tropicale

Dénomination du sytème
Vent moyen sur 10 minute en km/h
Pression (hPa)
Dépression tropicale
< 61
>997
Tempête tropicale modérée TTM
62 à 87
986 à 996
Forte tempête tropicale FTT
88 à 117
972 à 985
Cyclone tropical CT
118 à 165
971 à 942
Cyclone tropical intense CTI
166 à 214
941 à 910
Cyclone tropical très intense CTTI
> 215
< à 909
Attention : le vent maximum en surface ne correspond pas au vent moyen sur 10 minutes pour une même pression, il est plus élevé

 

 

Carte des trajectoires



 

Résumé de la saison

LA SAISON CYCLONIQUE 2003-2004 DANS LE SUD-OUEST DE L’OCEAN INDIEN par le CMRS de la Réunion

A l’image de la saison 2002-2003 précédente, la saison cyclonique 2003-2004 a de nouveau été très longue sur le Sud-Ouest de l’océan Indien, mais avec une activité moindre, qui a ainsi retrouvé un niveau proche de la normale.
Cette saison se sera sinon caractérisée par quelques trajectoires atypiques et pour certaines particulièrement tortueuses, le summum en la matière ayant été atteint par la trajectoire abracadabrante d’ELITA, l’ayant fait traverser Madagascar trois fois consécutivement. Ce météore ne se sera hélas pas limité à cette singularité, ses passages successifs sur la Grande Ile faisant plusieurs dizaines de victimes et des dégâts très importants. Mais ce lourd bilan humain et économique fut toutefois sans commune mesure avec celui laissé quelques semaines plus tard par le terrible cyclone GAFILO, un des plus violents et des plus dévastateurs qu’ait connu le bassin lors de ces dernières décennies, LE phénomène qui aura marqué de son empreinte cette saison et quasiment éclipsé tout le reste.

Seize systèmes dépressionnaires ont fait l’objet de l’émission de bulletins, soit un nombre identique à celui de l’exercice précédent, un paramètre qui a d’ailleurs fait montre d’une stabilité remarquable depuis plusieurs années.
Les cyclogenèses n’ont toutefois pas été aussi efficaces comparativement à la saison précédente, lors de laquelle le taux de conversion en phénomènes matures avait été réellement exceptionnel. Dix tempêtes tropicales ont ainsi été recensées cette saison, un nombre quasiment normal pour le bassin (la normale climatologique étant de neuf tempêtes). La moitié d’entre elles ont ensuite atteint le stade de cyclone tropical, une proportion également conforme à la normale.
L’examen du nombre de jours d’activité cyclonique, paramètre davantage fiable pour décrire l’activité perturbée, permet d’affiner ce diagnostic. Avec 19 jours cumulés où l’on a observé la présence d’un cyclone tropical sur zone (nombre de jours cycloniques), on peut considérer que l’activité cyclonique proprement dite a été quasiment rigoureusement normale (la moyenne se situant à 20 jours).
L’activité perturbée à un stade plus modéré, a par contre été légèrement supérieure à la normale, puisque le nombre de jours avec présence d’un système dépressionnaire d’intensité au moins égale à la tempête tropicale modérée a été de 57 (pour une moyenne de 53 et une médiane de 48).
Comme lors de la saison 2002-2003, un seul système dépressionnaire a réussi à se maintenir durablement (plus de trois jours) à la force ouragan (le cyclone FRANK).

Cela n’a pas été la seule analogie entre ces deux saisons.

Les similarités de comportement les plus évidentes ont concerné les débuts et fins de saison respectifs.
Le début de saison a, en particulier, été étonnamment ressemblant de celui de l’exercice précédent, quasiment une copie conforme. Dans les deux cas, quatre systèmes dépressionnaires se sont développés avant la fin d’année, ce qui en soit n’est déjà pas si commun (le baptême du quatrième système dépressionnaire de la saison intervenant en moyenne une année sur six avant le 31 décembre) et, qui plus est, suivant un calendrier quasiment identique ; le premier système dépressionnaire -une tempête tropicale- se formant en septembre (moins précocement toutefois qu’en 2002), suivi du premier cyclone en novembre, avant qu’un second ne se forme en décembre, précédant la formation d’une nouvelle tempête tropicale en toute fin d’année.
Le dernier système baptisé de la saison s’est quant à lui développé en mai, et il s’agit là de la réédition d’un événement qui s’était déjà produit non seulement en 2003, mais également en 2002. Même si cette fois-ci ce dernier système tardif de la saison n’a pas atteint le stade cyclonique, comme cela avait été le cas lors des mois de mai 2002 et 2003, cette succession inédite de trois années consécutives avec un phénomène mature en mai, relance inévitablement les nombreuses interrogations déjà soulevées l’an passé, notamment sur une tendance potentielle, voire déjà effective, à l’allongement des saisons cycloniques, avec les spéculations sous-jacentes d’un éventuel lien avec le réchauffement climatique. Sans beaucoup plus de réponses définitives pour l’heure.

Toujours est-il que les conséquences en terme de longévité de la saison ont été quasiment équivalentes : 2003-2004 a de nouveau été, dans la lignée de sa devancière, une des plus longues de la période contemporaine, s’étalant sur plus de sept mois et demi, de la fin septembre à la mi-mai.

Si les cyclogenèses se sont largement étalées dans le temps, elles ne se sont par contre guère étalées dans l’espace, se concentrant sur la zone autour de Diego-Garcia (archipel des Chagos), aire géographique qui a justifié encore plus que de coutume sa réputation de zone privilégiée de cyclogenèse du bassin. Seuls trois systèmes, sur les dix dénombrés, ont trouvé leur origine hors de cette zone, dont un seul formé sur le Canal de Mozambique et deux issus de la zone Sud-Est de l’océan Indien.

Les trajectoires observées cette saison n’ont pas souvent été du pain béni pour les prévisionnistes : la régularité n’a guère été de mise et points de rebroussement, changements de trajectoires brusques, dans des directions parfois très inhabituelles, ont même été le lot de quelques spécimens particulièrement difficiles à gérer, comme les cyclones BENI et FRANK.
Mais en matière de trajectoire "exotique", il sera difficile de faire mieux qu’ELITA et sa trajectoire-tourniquet autour de Madagascar (même si elle n’est pas sans précédent –confer celle de FELICIE en 1971).

Si les cyclogenèses se sont focalisées dans la zone Centre-Est du bassin, les dégâts se sont eux concentrés sur Madagascar. Contrairement à l’an passé, où les impacts des différents météores avaient été très disséminés dans l’espace, avec quasiment aucune terre habitée qui n’ait pas été directement ou indirectement affectée, cette année la plupart des territoires s’en sont bien sortis. L’Afrique Australe et le Mozambique en particulier, ont été complètement épargnés, tandis que les Mascareignes n’ont pas eu à souffrir du passage de DARIUS, dont les pluies ont même été bénéfiques pour l’île Maurice, mettant fin à une longue période de sécheresse.
Malgré cela, cette saison cyclonique restera comme une saison à marquer d’une pierre noire, une des pires qu’ait connues Madagascar lors de ces vingt dernières années. Habituée à subir les assauts de cyclones dévastateurs, la Grande Ile a cette fois été la cible de deux météores exceptionnels : l’un, ELITA, rendu redoutable par sa trajectoire incroyable, l’ayant fait traverser l’île a trois reprises dans une sarabande infernale ; l’autre, GAFILO, tout simplement monstrueux de puissance, et pour lequel il a fallu dénombrer les victimes non pas par dizaines, mais par centaines, sans parler des centaines de milliers de sinistrés. Deux cyclones mémorables à bien des égards, qui viennent rejoindre une liste déjà longue de phénomènes de sinistre mémoire, tels les ELINE ou GERALDA, pour n’évoquer que ceux de la dernière décennie.