Un
système dépressionnaire est baptisé lorsque les vents moyens
près du centre atteingnent le seuil de 63 km/h ce qui correspond au stade
de tempête tropicale modérée Noms
pour l'année : Arola,
Bento, Chambo, Daren, Ernest, Felapi, Gerard, Henni, Isang, Juliet,
Kalo, Lilian, Madi, Neddy, Ouledi, Patricia, Qiqita, Ramon, Sopani, Tina, Ula,
Vera, Willem, Xaoka, Yelda, Zuze
|
10 systèmes cycloniques dont 2 TTM, 4 FTT, 1 CT, 1 CTI, 2 CTTI |
| Nom |
Date |
Pression minimum
en hPa | Vent
maximum en surface en km/h | Nature |
| AROLA |
7 -
13 nov |
976 |
111
| Forte
tempête tropicale | |
|
20 nov
- 30 nov |
905 |
222 |
Cyclone
tropical très intense | |
CHAMBO |
23 déc
-02 janv |
945 |
158 |
Cyclone
tropical | |
ERNEST |
17 -
25 janv |
940 |
183 |
Cyclone
tropical intense | |
DAREN |
17 -
22 janv |
988 |
75 |
Tempête
Tropicale modérée | |
FELAPI |
26 janv
- 02 fév |
995 |
65 |
Tempête
tropicale modérée | |
GERARD |
28 janv
- 5 fév |
973 |
112 |
Forte
Tempête Tropicale | |
HENNIE |
21 - 29 mars |
980 |
120 |
Forte Tempête Tropicale
| |
ISANG |
29 mars - 7 avril |
975 |
111 |
Forte tempête tropicale |
| |
31 mars - 14 avril |
905 |
252 |
Cyclone tropical très
intense |
| Dénomination
du sytème | Vent
moyen sur 10 minute en km/h |
Pression
(hPa) | |
Dépression
tropicale |
< 61 |
>997 |
| Tempête
tropicale modérée TTM |
62 à 87 |
986 à 996 |
| Forte
tempête tropicale FTT |
88 à 117 |
972 à 985 |
| Cyclone
tropical CT |
118 à 165 |
971 à 942 |
| Cyclone
tropical intense CTI |
166 à 214 |
941 à 910 |
| Cyclone
tropical très intense CTTI |
> 215 |
< à 909 |
Attention
: le vent maximum en surface ne correspond pas au vent moyen sur 10 minutes pour
une même pression, il est plus élevé |
|
L'analyse des prévisions
établies pour la saison 2004-2005 | Un
certain nombre d'indices nous permettent d'élaborer une prévision
quant au déroulement de la saison cyclonique : en clair aurons-nous
peu ou beaucoup de sytèmes. Quelque
soit leur nombre il n'en demeure pas moins que le risque est toujours là
qu'il y ait un seul système ou une dizaine . Au vu de la prévision
que j'avais établi :
certainement une année cyclonique normale ou un peu en dessous (moyenne
à 10,8) avec cependant un risque de cyclones potentiellement fort
vous pourrez vous faire une idée de celle ci au vu des conclusions de la
saison : au final
nous avons eu 10 systèmes cycloniques dont 4 cyclones (2 très intense
-vents de 252km/h & 222 km/h - et 1 intense -vents 222km/h et 1 normal -vents
158km/h) . Dans tous les cas "cette
prévision" ne reste que celle d'un amateur passionné...
LA
SAISON CYCLONIQUE 2004-2005 DANS LE SUD-OUEST DE L’OCEAN INDIEN par le CMRS de
la Réunion D’un
point de vue purement comptable, on peut dire que la
saison cyclonique 2004-2005 a présenté une activité proche de la normale.
Pour autant, la qualifier de saison normale apparaît quelque peu en décalage
avec le vécu réel de cette saison. Ce serait, en effet, faire abstraction de l’aspect
qualitatif de son contenu et de son déroulement, dont il ressort une impression
assez différente. Si l’on devait choisir un qualificatif plus représentatif
du comportement de cette saison, on opterait plutôt pour "bizarre". L’étrangeté
de cette saison cyclonique provient essentiellement de la nature et du mode de
genèse des phénomènes observés durant le cœur de la saison. L’absence
de développement de cyclone tropical sur le Sud-Ouest de l’océan Indien durant
tout le premier trimestre 2005 (Canal de Mozambique mis à part) a, en particulier,
été des plus singulières. En terme d’impact sur les terres habitées,
cette saison 2004-2005 a été beaucoup plus clémente que la précédente pour les
populations de la région. Si le Sud malgache a été éprouvé par les passages consécutifs
d’ERNEST et de FELAPI, le bilan humain et économique a toutefois été sans commune
mesure avec celui enduré par la Grande Ile lors de la saison précédente. Dix-huit
systèmes dépressionnaires ont fait l’objet de l’émission de bulletins par le CMRS
de La Réunion, soit un nombre légèrement supérieur à celui constaté lors des exercices
antérieurs. Mais les cyclogenèses ont souvent été laborieuses et le
taux de conversion en phénomènes matures a affiché au final un rendement d’une
efficacité très modérée. Dix systèmes ont tout
de même atteint le stade de tempête tropicale, soit un nombre identique à celui
de la saison précédente et en conformité avec la normale du bassin, qui est de
neuf tempêtes. Parmi ces dix tempêtes, quatre
se sont transformées en cyclone tropical, une proportion également
très proche de la normale (en moyenne climatologique, un peu moins de la moitié
des tempêtes parvient au stade de cyclone tropical sur le bassin). Qui plus
est, ces quatre cyclones ont été en moyenne de forte intensité, trois d’entre
eux étant classés cyclone tropical intense, voire très intense. Ces quatre
cyclones ont, en outre, eu une durée de vie suffisante pour assurer un total de
20 jours cycloniques (nombre de jours cumulés avec la présence d’un cyclone
tropical sur zone), soit un nombre rigoureusement égal à la moyenne climatologique.
Deux météores se sont maintenus plus de cinq jours
au stade de cyclone tropical (BENTO et JULIET), ce qui n’était pas arrivé depuis
la saison 2001-2002. Mais si l’on
examine encore plus dans le détail l’activité perturbée, il apparaît que celle-ci
a en fait été globalement inférieure à la normale, puisque l’on ne recense que
44 jours cumulés avec la présence, sur la zone du Sud-Ouest
de l’océan Indien, d’un système dépressionnaire d’intensité au moins égale à la
tempête tropicale modérée, alors que la moyenne se situe à 53 jours (pour
une médiane de 48). Cette relative faiblesse s’explique par le fait que les six
tempêtes n’ayant pas évolué en cyclone tropical, ont eu un impact assez faible
en terme de nombre de jours d’activité perturbée à une intensité significative,
ne représentant que 19 jours d’activité cumulée sur les 44 cités précédemment.
La répartition quelque peu inhabituelle de l’activité
cyclonique au cours de la saison a constitué une des bizarreries de cette saison.
Après un début de saison plutôt actif et précoce, la suite de la saison a été
beaucoup plus poussive. Le cyclone tropical JULIET, cyclone de forte intensité
et à la trajectoire parabolique d’école, a tout de même cloturé en beauté la saison,
cette fois-ci à une date normale pour une fin de saison, après trois années consécutives
tardives qui s’étaient prolongées jusqu’en mai. Pour ce qui est du début
de saison, la première tempête tropicale de la saison -AROLA- a, pour la quatrième
année consécutive, été baptisée avant le 15 novembre, date correspondant à
la date de la médiane pour ce qui est du début de la saison cyclonique (le premier
système dépressionnaire significatif se forme une année sur deux avant cette date).
Mais on doit faire remonter le vrai démarrage de la saison beaucoup plus tôt,
dès le 30 août, en plein hiver austral, avec la formation du premier système dépressionnaire
sur l’extrême Est du bassin du Sud-Ouest de l’océan Indien. Cette perturbation
ayant rapidement quitté la zone de responsabilité du CMRS de La Réunion, pour
la zone Sud-Est de l’océan Indien sous responsabilité australienne, elle a été
nommée PHOEBE le 2 septembre par le Centre de Perth,
devenant à l’occasion la première -et excessivement précoce- tempête tropicale
de la nouvelle saison de l’hémisphère Sud. Dans la continuité
d’un début de saison actif, deux cyclones se sont ensuite formés avant la fin
de l’année, le premier d’entre eux se développant dès le mois de novembre et pas
n’importe quel cyclone ! Après un creusement explosif, BENTO
a atteint une intensité exceptionnelle pour un début de saison, venant titiller
le cyclone AGNIELLE pour le record d’intensité du bassin en novembre et devenant
dans le même temps le cyclone le plus intense jamais observé dans le Sud-Ouest
de l’océan Indien au nord du 10ème parallèle Sud (tous mois confondus).
Après un démarrage sur des bases aussi élevées, le cœur de la saison s’est
ensuite révélé, par contraste, anormalement improductif en systèmes matures.
Aucun cyclone tropical ne s’est en effet manifesté
sur le bassin durant tout le premier trimestre 2005, exception faite du seul ERNEST.
Unique cyclone tropical référencé durant cette période, celui-ci s’est développé
dans le Canal de Mozambique, ce qui revient à dire que la partie océan Indien
proprement dite, est demeurée exempte de tout phénomène cyclonique caractérisé
de janvier à mars. Si un tel fait n’est pas sans précédent, il n’en constitue
pas moins une anomalie évidente, puisqu’il ne s’agit que du quatrième événement
de cette nature à survenir sur les 40 dernières années d’observation (après
les premiers trimestres de 1974, 1983 et 1985). Cette carence en cyclones
tropicaux n’a pas été synonyme de pénurie de systèmes dépressionnaires. Bien au
contraire, mais en lieu et place des météores classiquement observés sur le bassin,
se sont succédé une kyrielle de phénomènes d’intensité faible à modérée, issus
de cyclogenèses particulièrement laborieuses et intervenues, pour certaines, selon
des modes très inhabituels pour le bassin. On a ainsi vu plusieurs tempêtes
tropicales se former à partir de circulations dépressionnaires très larges à l’origine,
associées à un talweg de mousson aux caractéristiques plus proches de ce que l’on
observe habituellement dans le Pacifique Nord- Ouest. La Zone de Convergence Intertropicale
d’extension méridienne relativement limitée que l’on observe généralement sur
le bassin a, en effet, laissé place durant de longues semaines à une vaste zone
de basses pressions extrêmement large, occupant quasiment tout l’espace tropical,
jusqu’à des latitudes beaucoup plus élevées qu’à l’accoutumée. Les alizés étaient
dans le même temps rejetés très au sud et très affaiblis. Il est résulté de cette
situation durable, une forte anomalie négative de pression sur la zone au sud
des Mascareignes durant les mois de février et mars (culminant à 4-5 hPa en moyenne
mensuelle). Cet empiétement marqué des basses pressions équatoriales sur les latitudes
sud, a eu pour conséquence de faire que les systèmes dépressionnaires formés durant
cette période ont quasiment tous atteint leur maximum d’intensité bien au sud
du 20ème parallèle Sud, ou même du 25ème parallèle Sud, alors que la norme du
bassin situe habituellement le maximum d’intensité de ces phénomènes au nord de
20° Sud. La tempête tropicale GERARD a constitué l’archétype de ce type d’évolution
"baroque" : cyclogenèse peu banale à partir d’une dépression de mousson, et maximum
d’intensité atteint aux abords de 30°Sud. L’absence de
cyclone tropical durant toute cette période s’explique pour bonne part par ce
décalage marqué de l’activité perturbée vers les latitudes septentrionales, les
systèmes dépressionnaires s’intensifiant trop au sud pour avoir le temps d’atteindre
le stade de cyclone tropical avant d’être confrontés au courant perturbé d’ouest
et à l’accroissement résultant du cisaillement vertical de vent.
Les cyclogenèses se sont clairement focalisées majoritairement
sur l’Est du bassin. Parallèlement
les trajectoires avec recourbement (paraboliques ou pseudo-paraboliques) ont largement
dominé, les seules trajectoires pouvant être qualifiées de zonales
étant celles d’AROLA et de DAREN. Il s’agit là de la configuration la plus favorable
en terme de réduction des risques pour les terres habitées, concentrées elles
sur l’Ouest du bassin. De fait, peu de phénomènes ont effectivement
menacé ou influencé les différentes îles de la zone, le continent africain étant
demeuré pour sa part, comme lors de la saison précédente, totalement à l’écart
de toute perturbation. Les Mascareignes n’ont pas subi de dommages importants,
l’île Rodrigues ayant été épargnée par JULIET. Quelques phénomènes dépressionnaires
ont toutefois occasionné des épisodes de fortes pluies, le plus conséquent ayant
affecté l’île Maurice, y causant des inondations au passage d’HENNIE. ERNEST est
passé directement sur l’île de Mayotte, mais était alors en début de phase d’intensification,
d’où une influence modérée. Tel n’a pas été le cas pour le Sud de Madagascar,
qui a subi plus franchement l’impact du météore, dont le centre a effleuré la
côte. Vents forts et inondations causées par les fortes précipitations associées,
ont fait un nombre indéterminé de victimes (plusieurs dizaines), de nombreux pêcheurs
non informés de l’arrivée du cyclone ayant notamment été pris par surprise. Les
conséquences du passage d’ERNEST, en particulier les inondations, ont ensuite
été aggravées par l’arrivée sur la même zone géographique de la tempête tropicale
FELAPI, seulement quelques jours plus tard. |