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Météorologie
Le phénomène El Nino / La Nina


El Nino/La Nina est un exemple d'interaction entre l'océan et l'atmosphère

Le phénomène El Nino, phénomène océanique se caractérise par le réchauffement d'un immense réservoir d'eau superficielle qui s'étend du Pacifique central jusqu'aux côtes du Pérou et de l'Equateur

Cette anomalie chaude de température de surface de mer, de l'ordre de 4 à 6°, s'accompagne d'une interaction océan atmosphère qui perturbe les courants marins, la position relative de l'équateur thermique, le régime des alizés et plus généralement la circulation générale atmosphèrique


Ainsi toute la ceinture tropicale du globe subit un bouleversement climatique qui provoque régionalement des précipitations intenses ou des périodes de sécheresse exceptionnelles

Le phénomène El Nino 1997/98 compte avec celui des années 1982/83 parmi les plus intenses du siècles : ainsi entre 1997 et 1998 il y a eu des innondations dans 41 pays tandis que 22 autres ont soufferts de la sécheresse


Explication du phénomène

Pour bien comprendre le phénomène El Nino, il faut examiner l'interaction atmosphère-océan au niveau de la zone tropicale du Pacifique, en temps "normal", c'est-à-dire sans l'effet El Nino :
En diminuant l'intensité des alizés, voire même en les arrêtant ou même les renversant, le phénomène El Nino vient perturber ce système
- Les vents alizés soufflant vers l'ouest font en sorte que l'air chaud et sec des côtes du Pérou-Equateur se charge progressivement d'humidité lorsque transporté au-dessus de l'océan pour procurer un climat chaud et humide à l'Australie-Indonésie, avec des précipitations abondantes.
- En soufflant vers l'ouest, les alizés poussent les eaux de surface vers l'ouest, créant des courants marins d'est en ouest. Il en résulte un empilement des eaux océaniques du côté de l'Australie-Indonésie qui se traduit par une différence de hauteur du niveau marin entre les côtes est et ouest du Pacifique: le niveau marin est plus haut de 50 centimètres sur les côtes de l'Australie-Indonésie par rapport à celui des côtes du Pérou-Equateur
- Cet empilement des eaux du côté ouest cause un courant descendant qui entraîne les eaux chaudes de surface en profondeur, abaissant ainsi la thermocline (thermocline: niveau marin où il se produit une chute rapide de la température en profondeur par rapport aux eaux plus chaudes sus-jacentes).
- Il se crée une cellule qui fait remonter des eaux froides (courant de "upwelling") et riches en nutriments à la marge continentale du Pérou-Equateur, relevant la thermocline.
- La thermocline présente donc une pente
- La diminution ou la suppression des alizés est-ouest cause une augmentation de la pression atmosphérique au niveau des masses continentales du côté américain, ce qui favorise la montée d'air humide et sa condensation dans la haute atmosphère, transformant un climat sec en climat humide.
- Cet effet sera accentué si les alizés sont renversés.
- Du côté ouest, on assistera à un assèchement du climat, d'où ces incendies catastrophiques en Indonésie et en Australie (fin 1997). - Les courants de surface est-ouest meurent.
- Il n'y a plus d'empilement des eaux sur les côtes de l'Australie-Indonésie.
- La cellule de courant disparaît et il n'y a plus de remontée d'eau froide et riche en nutriments sur la marge continentale du Pérou-Equateur.
- Il en résulte un réchauffement des eaux sur les côtes du Pérou-Equateur (excellent pour les baigneurs!), et une perte des nutriments apportés par la remontée des eaux froides (pas très bon pour les pêcheries).
- Du côté Australie-Indonésie, on note une remontée de la thermocline et un changement dans les stocks de poissons

 

Il s'agit d'un phénomène très ancien, dont la première descprition remonte à 1546 et qui pourrait selon les archéologues peut-être même expliqué les disparitions inexpliquées des civilisations précolombiennes ce qui nous amènerait encore plus loin dans le passé

C'est un phénomène cyclique dont la périodicité varie de 2 à 7 ans dont la durée est comprise entre 12 mois et 18 mois avec une intensification accrue ces dernières années : le dernier en date a débuté au cours du 1er semestre 1997 et a duré jusqu'à juin 1998

Pour résumer les conséquences de ce phénomène
: l'équateur métérologique se déplace vers le sud, les vents d'alizés s'inversent, les courants marins sont modifiés. Alors que des innondations catastrophiques apparaissent sur les côtes du Pérou de l'Equateur, sur le sud des USA et l'Afrique centrale la sécheresse sévit en Indonésie, Australie austral, le Nord des USA, en Afrique Australe

Ce qu'on appelle la Nina par opposition à El Nino correspond à la phase froide du phénomène d'oscillation thermique du Paifique Oriental ou si l'on préfère à un indice d'oscillation australe positif. C'est le météorologiste anglais Walker qui a mis en évidence l'indice d'oscillation australe. Cet indice, valeur de la différence de pression atmosphérique entre Tahiti et Darwin (Australie), est corrélée avec les anomalies de circulation atmosphérique dans les régions tropicales. Ainsi quand l'indice est négatif, c'est le El Nino, quand il est positif c'est la Nina

Lorsque les eaux de surface deviennent plus froides que la normale sur ces régions de l'Est du Pacifique, cela s'accompagne de courants d'alizés très soutenus sur la ceinture équatoriale, et par une élevation de la thermocline de ces régions, celle-ci étant définie comme l'épaisseur d'eau océanique où le gradient thermique est le plus fort, c'est à dire où s'observe un rapide changement de température de la surface vers les eaux plus profondes. une des premières conséquences est l'augmentation des pluies sur le Pacifique Occidental

Si cette phase dite de La Nina est moins connue que son pendant El Nino c'est probablement parce qu'il y a eu peu d'épisodes où elle s'est réellement manifesté durant les 2 dernières décennies
Il n'empêche que la succession rapide de conditions climatiques très différentes lors de la bascule du phénomène ElNnino vers son opposé La Nina amène un stress important à l'environnement

Conséquences de la Nina sur la circulation générale des océans et de l'atmosphère :
- l'équateur métérologique se déplace vers le nord
- les alizés se renforcent sur le Pacifique
- des précipitations plus importante que la normale apparaissent sur la partie occidentale du Pacifique équatorial (Indonésie), l'Asie du Sud, le Nord Nord-Est de l'Australie, le sud de l'Afrique, le nord de l'Amérique du sud et l'Amérique Centrale, l'archipel d'Hawai
- des périodes de sécheresse prononcées sur les iles du Pacifique central, sur le sud de l'Amérique du nord, le nord du Mexique et la Californie, en Afrique du centre et de l'Est

Les désordres climatiques liés à la Nina sont considérés comme non négligeables et parfois aussi intense que ceux générées par El Nino

Prévisions El Nino pour l'année en cours

Cours de l'IFREMER sur la phénomène El Nino/La Nina & Cours d'IRI sur le phénomène El Nino / La Nina (en anglais)