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La météo des cyclones, ouragans, typhons & tempêtes sur le globe...
Cyclone Calédonie
Généralités sur les cyclones dans le Pacifique Sud


La zone Pacifique Sud (comprenant la Nouvelle Calédonie) qui a été délimité par l'Organisation Météorologique Mondiale est régulièrement frappée
durant la période cyclonique (début novembre jusqu'à fin mai)
par différents systèmes dépressionnaires, nommés et déterminés selon la force de leur vent,
et dont les trajectoires ont obligés les autorités à prendre des mesures afin d'éviter au maximum les dégats

1. Zone de responsabilité

La zone Pacifique Sud (de 135° Est à 120°Ouest)



Sur le bassin Pacifique Sud (de 135°E à 120°W) les centres météorologiques de Brisbane & Darwin (Australie) ainsi que de Nandi (Fidji)
sont chargées de la surveillance cyclonique et de l'émission des bulletins d'alerte cyclonique

Les centres de Brisbane et de Darwin nomme les perturbations qui sont repérées à l'ouest du méridien 160° Est et le centre de Nandi celles repérées à l'Est de ce même méridien

Les centres de Port Moresby (Australie) et de Wellington (Nouvelle Zélande) émettent elles aussi des bulletins mais pour des zones bien distinctintes (voir carte)



Sur la carte ci-dessous est mentionnée la zone de responsabilité maritime de Météo France pour laquelle sont établis des Bulletins météorologiques spéciaux - BMS

Par contre lorsqu'une dépression tropicale ou un cyclone tropical pénètre dans la zone d'avertissement
(quadrilatère délimité par les 13ème et 15ème parallèles sud d’une part, et les 158ème et 172ème méridiens est d’autre part) des Bulletins Météorologiques d'Avertissement - BMA sont émis à destination des services de la sécurité civile


2. Terminologie utilisée

Pour la classification des systèmes sont pris en compte les vitesses de vents près du centre moyennées sur 10 minutes
Les rafales associées peuvent dépasser de 50% ces valeurs :

  • zone perturbée : zones de basses pressions sans véritable organisation
  • perturbation tropicale : zone dépressionnaire présentant une convection renforcée et une circulation tourbillonaire dans laquelle les vents n'excèdent pas 50 km/h (force 6 Beaufort)
  • dépression tropicale faible : système où la convection est organisée et la circulation cyclonique caractérisée; les vents près du centre sont compris entre 51 et 62 km/h
    (grand frais, force 7 Beaufort) et la pression supérieure à 996 hPa
  • dépression tropicale modérée : système où les vents près du centre sont compris entre 63 et 88 km/h (coup de vent, force 8 ou 9 Beaufort) et la pression entre 986 et 995 hPa
  • dépression tropicale forte : système où les vents près du centre sont compris entre 89 et 117 km/h (tempête ou forte tempête, force 10 ou 11 Beaufort) et la pression entre 985 et 971 hPa
  • cyclone tropical : système où les vents près du centre sont supérieurs à 118 km/h (ouragan, force 12 Beaufort) et la pression inférieure à 971 hPa

 

3. Etapes avant l'arrivée d'un cyclone

En effet, au vu des informations météorologiques, le Haut Commissaire sur avis de Météo France peut décider de placer tout ou partie du territoire en pré-alerte, alerte 1 ou alerte 2 :

- PRE-ALERTE : le phénomène entre dans notre zone d'avertissement
Zone d'avertissement (ou zone de pré-alerte) : compte-tenu du déplacement aléatoire des perturbations et du délai nécessaire à la mise en place des différentes procédures d’alerte, il a paru indispensable de fixer une limite dont le franchissement par la perturbation servira de seuil d’avertissement. Cette zone est un quadrilatère délimité par les 13ème et 15ème parallèles sud d’une part, et les 158ème et 172ème méridiens est d’autre part (voir carte ci dessus). Dès qu'une dépression pénètre dans cette zone, la Pré-alerte est déclenchée pour le Territoire.
Zone de responsabilité marine : Météo-France doit prendre connaissance, traiter et éventuellement redistribuer toute information météorologique acquise dans cette zone (voir carte ci-desus)

- ALERTE 1 : le phénomène est susceptible d'intéresser le territoire dans les 24 heures

- ALERTE 2
: le phénomène est susceptible d'intéresser le territoire dans les 6 heures

 

4. Statistiques

 

Les statistiques ci dessous sont issues des données de Météo France Nouvelle Calédonie

D'autres statistiques ont été établies à travers d'autres sources (BOM, JTWC,...) que vous pourrez retrouvez en vous rendant sur les pages
historique des cyclones dans le bassin Pacifique Sud
et bassin Hémisphère Sud


Sur le Pacifique Sud, zone à l'est du 142°E :
sur 29 saisons de 1968 à 1997
:


- 266 phénomènes cycloniques soit 9,17 phénomène par an
- 117 cyclones soit 4,03 cyclones par an
- 66 dépressions tropicales fortes soit 2,27 par an
- 83 dépressions tropicales modérées soit 2,86 par an
- une grandre variabilité du nombre de cyclone sur chaque année

 

 

 

 

 

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Dans la zone Nouvelle-Calédonie :
° depuis 25
ans :
-on a dénombré 84 dépressions tropicales soit une moyenne de 3,4 dépressions tropicales par an
- 46,4% d'entre elles évoluent jusqu'au stade maximal soit 1,5 cyclone
par an
- l'activité cyclonique peut cependant être très variable : avec une seule dépression ayant atteint le stade de modérée la saison 82/83 fut particulièrement calme en Nouvelle Calédonie (mais désastreuse en Polynésie). A l'inverse 4 cyclones et une dépression ont touché le territoire entre le 18 décembre 1988 et le 11 avril 1989
- 93% de ce phénomènes ont lieu entre décembre et la mi-avril. Certaines dépressions font cependant exception : JOTI s'est ainsi formé fin octobre 1982 tandis qu'une dépression modérée s'est formé en juillet 1973
°
sur 50 saisons de 1968 à 1997 nous avons :
- une variabilité du nombre de phénomènes cycloniques moindre que sur le domaine pacifique sud-ouest
- en moyenne on enregistre 5 phénomènes tropicaux par saison dont 1,8 cyclones, 1,3 dépression tropicale forte et 1,8 dépression tropicale modérée
- depuis 1968 un nombre de systèmes cycloniques plus élevé que sur la période 1947-1967 (sur cette période, la moyenne n’est que de 4,6 phénomènes par saison alors qu’elle est de 5,2 sur la période 1968-1997 dont 2,4 cyclones). Avant l’apparition des satellites météorologiques certains phénomènes n’ont sans doute pas été répertoriés ou ont été sous évalués par les prévisionnistes qui ne disposaient pas des moyens actuels. Les périodes étant différentes, il est aussi difficile de comparer directement ces valeurs à celles du domaine Pacifique Sud-Ouest

 

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Comparaison entre la zone Nouvelle-Calédonie et le Pacifique Sud

1. Nombre de phénomènes tropicaux par saison entre les deux domaines géographiques sur une période de 25 ans (de 1968 à 1997)

- sur 266 phénomènes observés dans le Pacifique Sud pendant la période
1968-1997, 152 sont passés sur la zone Nouvelle-Calédonie soit 57%
- le pourcentage est encore plus grand quand il s’agit des cyclones car 71 sur 117 sont passés dans notre zone (60,6%)
- on peut donc en conclure que l’archipel Calédonien se trouve au coeur de l’activité cyclonique du bassin Pacifique Sud
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2. En ce qui concerne la distribution du nombre de phénomènes par saison


- dans la zone Nouvelle-Calédonie on a observé 11 saisons avec 5 phénomènes tropicaux sur les 29 saisons. On constate que cette distribution est relativement stable sur cette zone puisque l'on a observé 83% de saisons cycloniques avec de 4 à 7 phénomènes par saison. La médiane est de 5 phénomènes par saison cyclonique alors que la moyenne est de 5,2

- pour le Pacifique Sud, nous obtenons une moyenne de 9,2 phénomènes par saison cyclonique et une médiane de 9,0. La valeur maximale n'est que de 5 saisons avec 9 phénomènes cyclonique toujours pour 29 saisons. Il y a une plus grande dispersion que pour la zone Nouvelle-Calédonie puisque pour obtenir 83% des cas, il faut faire la somme des valeurs comprises entre 6 et 12 phénomènes par saison, ce qui sous-entend une répartition par saison cyclonique très variable




3. Répartition mensuelle des phénomènes cycloniques

-la saison cyclonique s’articule autour du mois de février qui est le pic d’activité avec en moyenne 2,4 phénomènes tropicaux sur le domaine Pacifique Sud (27% des cas)

-en outre, on peut considérer que cette saison s’étale de décembre à avril car 90% des épisodes cycloniques sont répertoriés pendant cette période. Plus des 2/3 de ces phénomènes se produisent pendant le premier trimestre de l'année qui est donc la période de danger maximum
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4. Début et fin de saison cyclonique
:

Les valeurs extrêmes pour le domaine Pacifique Sud sont :
- début de saison le plus précoce, le 19 octobre en 1972, le plus tardif 29 janvier en 1986
- fin de saison la plus précoce 21 mars en 1971, la plus tardive 10 juillet en 1973

Les valeurs extrêmes pour le domaine Nouvelle-Calédonie sont
:
- début de saison le plus précoce 31 octobre en 1982, le plus tardif 07 mai en 1991
- fin de saison la plus précoce 26 février en 1984, la plus tardive 10 juillet en 1973


5. Durée de la saison cyclonique :

- 50% des débuts de saison sont répertoriés entre le 27 novembre et le 10 janvier (zone Nouvelle-Calédonie) ou entre le 13 novembre et le 25 décembre (Pacifique Sud)

- la date de début de saison la plus probable (50%) est le 21 décembre pour la zone Nouvelle-Calédonie et le 8 décembre pour la zone Pacifique Sud
- 75% des saisons débutent avant le 10 janvier (zone Nouvelle-Calédonie) ou le 25 décembre (Pacifique Sud), et 75 % débutent après le 27 novembre (zone Nouvelle-Calédonie) ou le 13 novembre (Pacifique Sud)
-mais il ne faut pas oublier les 25 % qui commencent avant le 27 novembre (zone Nouvelle-Calédonie) ou le 13 novembre (Pacifique Sud)
- 50% des fins de saison sont répertoriées entre le 19 mars et le 22 avril (zone Nouvelle-Calédonie) ou entre le 9 avril et le 12 mai (Pacifique Sud)
- la date de fin de saison la plus probable (50%) est le 03 avril pour la zone Nouvelle-Calédonie et le 22 avril pour la zone Pacifique Sud
- 75% des saisons finissent avant le 22 avril (zone Nouvelle-Calédonie) ou le 12 mai (Pacifique Sud), et 75% finissent après le 19 mars (zone Nouvelle-Calédonie) ou le 9 avril (Pacifique Sud)
- il ne faut pas oublier les 25% qui se terminent après le 22 avril (zone Nouvelle-Calédonie) ou le 12 mai (Pacifique Sud)
- 50% des saisons durent de 78 jours à 137 jours (zone Nouvelle-Calédonie) ou entre 108 jours et 167 jours (Pacifique Sud)
- la saison la plus longue a été de 226 jours en 1972/1973 pour la zone Nouvelle-Calédonie et de 264 jours, la même saison, pour la zone Pacifique Sud
- la plus courte a été de 5 jours en 1990/1991 (zone Nouvelle-Calédonie) avec un seul phénomène et de 71 jours en 1980/1981 (Pacifique Sud)
- la durée la plus probable d’une saison est de 100 jours pour la zone Nouvelle-Calédonie et de 136 jours pour la zone Pacifique Sud


Ce qu’il faut retenir
:

- Dans le Pacifique Sud (période 1968/1997), on enregistre en moyenne 9,2 phénomènes tropicaux par saison dont 4,0 cyclones. On y observe aussi une importante variabilité inter-annuelle
Le foyer principal d’activité cyclonique se trouve à l’ouest de la longitude 180°. Deux noyaux de concentration maximale se trouvent au Nord des Chesterfield et entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu

- Dans la zone Nouvelle-Calédonie (période 1968/1997)
, on observe en moyenne 5,2 phénomènes tropicaux dont 2,4 cyclones. Ce nombre est assez stable d'une saison à l'autre contrairement à ce qui se passe sur l'ensemble du Pacifique Sud
Notons que ces chiffres sont légèrement plus faibles sur la période 1947/1997, mais que cela s'explique par l'apparition des satellites météorologiques qui ont permis une meilleure détection.
Les 2/3 des phénomènes tropicaux sont observés pendant le premier trimestre de l'année (avec un maximum en février) et 90% le sont pendant la période de décembre à avril
Les phénomènes tropicaux subissent une évolution dans leur déplacement nord-sud. Ils atteignent leur maximum d'intensité entre les latitudes 18°S et 20°S pour ensuite s'affaiblir dans leur déplacement vers le Sud-Est qui est la direction de déplacement privilégiée au sud de la latitude 20°S dans la zone Nouvelle-Calédonie




L'ensemble des chiffres et des cartes permettent d'affirmer que l’archipel Néo-Calédonien est situé au coeur de l’activité cyclonique du bassin Pacifique Sud :
Avec une fréquence de 75%, pour la zone Nouvelle-Calédonie, la saison cyclonique débute après le 27 novembre se termine avant le 22 avril soit 146 jours entre ces deux dates (même si 75% des saisons durent moins de 137 jours).
De la même façon (avec une fréquence de 75%) dans le Pacifique Sud la saison cyclonique débute après le 13 novembre se termine avant le 12 mai soit 180 jours entre ces deux dates (même si 75% des saisons durent moins de 167 jours)
La durée la plus probable d’une saison est de 100 jours pour la zone Nouvelle-Calédonie et de 136 jours pour la zone Pacifique Sud



Durant un épisode El nino les statistiques en matière de nombre de cyclones changent

Nombre moyen de cyclones hors phénomène El nino
Nombre moyen de cyclones durant une phase ENSO (El Nino)


5. Trajectoires



Plus de 97% des dépressions tropicales se forment entre le 5ème et le 20ème dégrés de latitude sud. Certaines peuvent exceptionnellement naître sous des latitudes plus élevées à l'écart de la ZCIT (pour exemple ABIGAIL en janvier 1982 à 25° de latitude sud)

Concernant leur zone d'intensité maximale : la zone où les phénomènes tropicaux atteignent leur maximum d’intensité est comprise entre 18° et 20° de latitude Sud. Entre 14° et 24° de latitude Sud, 81% des phénomènes tropicaux sont à leur maximum d’intensité, celle-ci décroît ensuite dans leur déplacement vers le sud

Concernant la répartition géographique d'apparition des phénomènes tropicaux dans le Pacifique Sud-Ouest : à l’évidence le foyer principal se trouve à l’ouest de la longitude 180°. Deux noyaux de concentration maximale se trouvent au nord des Chesterfield et entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu. Ainsi l’archipel Néo-Calédonien est situé au coeur de l’activité cyclonique du bassin Pacifique Sud

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Déplacement des phénomènes tropicaux dans la zone Nouvelle-Calédonie (1947-1997):
- Dans 37% des cas les trajectoires adoptent une direction sud-est
- Les secteurs nord-ouest, nord et nord-est ne représentent que 5% des cas confirmant que les phénomènes tropicaux, lorsqu'ils sont dans cette zone, ne remontent que très rarement vers l'équateur
- Les dépressions qui arrivent par le nord du Vanuatu ont tendance à avoir une trajectoire incurvée (sud-ouest puis sud-est), alors que celles qui arrivent du nord-ouest ont plutôt une trajectoire assez rectiligne
- Certaines dépressions adoptent une trajectoire sud-ouest pour contourner la Nouvelle-Calédonie par le sud. L'exemple le plus récent est le cyclone Yali en mars 1998

 

 

 

Consulter les pages encyclopédie des trajectoires ou historique des cyclones en Calédonie pour de plus amples informations sur les trajectoires des cyclones ces dernières années