 | | Formation
Une dépression se forme au début du mois près de l’Australie où elle devient
rapidement dépression tropicale modérée et est nommée Erica par le centre de Brisbane.
Elle amorce ensuite un déplacement vers le nord-est et s’affaiblit. Pendant plusieurs
jours, elle se déplace lentement et reste faible. A partir du 10, la trajectoire
s’incurve vers le sud-est. Elle se situe alors au sud des Salomon vers 12° Sud
et 157° Est. Evolution Le 11,
elle se renforce et redevient dépression tropicale modérée. Elle se déplace alors
à une vitesse d’environ 15 km/h. Son développement est assez rapide. Elle atteint
le stade de dépression tropicale forte le 11 à 18h UTC et vient de pénétrer dans
notre zone d’alerte. Elle devient cyclone tropical le 12 à 00h UTC,
sa pression au centre est alors estimée à 965 hPa et les vents maximums près du
centre sont de l’ordre de 70 nœuds (130 km/h). Le cyclone Erica se situe à 670
km au nord-ouest de Koumac et se déplace vers le sud sud-est à 15 km/h. Il continue
son déplacement vers le nord du territoire en se renforçant encore. Il atteint
son maximum d’intensité le 13 à 12h UTC avec une pression de 920 hPa au
centre et des vents moyens maximum estimés à 115 nœuds (215 km/h) avec des rafales
atteignant 320 km/h. Erica se trouve alors à proximité de la côte Ouest, à 160
km à l’ouest de Koumac. La trajectoire s’incurve légèrement vers l’est et le cyclone
se dirige directement vers la côte Ouest, sa vitesse augmente à 30 km/h. Le centre
du cyclone aborde la côte Ouest à hauteur de Koné le 13 vers 18h UTC (5 heures
locales). Il longe alors toute la côte Ouest avec une vitesse qui augmente régulièrement
pour atteindre 40 à 50 km/h. Son intensité reste très forte bien que la chaîne
désorganise un peu la masse nuageuse. Le centre passe sur Bourail vers 21h UTC
(8 heures locales), sur Tontouta vers 00hUTC (11 heures locales), sur Nouméa vers
01h UTC (12 heures locales) et au sud de l’île des Pins vers 03h UTC (14 heures
locales). Entre la Grande Terre et l'île des Pins, la masse nuageuse se réorganise
un peu. Tout au long de la côte Ouest et sur l’île des Pins, le scénario est identique
: les vents soufflent de secteur nord-est avec des rafales qui atteignent plus
de 150 km/h, puis le vent se calme au passage de l’œil pendant un peu moins d’une
heure. Ensuite, les vents reprennent soudainement avec violence dans les secteurs
ouest et sud, et atteignent très rapidement 150 km/h en vent moyen, avec des rafales
à 200 km/h. Sur la côte Est, le scénario est un peu différent car elle est exposée
essentiellement aux vents de secteur est et nord. Le passage de l’œil sera bien
moins net et les vents d’ouest ne pénètrent que dans certains endroits exposés,
surtout en sortie des vallées. Sur les Loyauté, les vents soufflent du secteur
nord assez fort et tournent progressivement au secteur ouest. Erica s’évacue rapidement
au sud-est de l’île des Pins, repris dans le courant d'ouest. Le cisaillement
de vent en haute altitude devient vite fort, accélérant le comblement d'Erica
|
Commentaires
Erica a donc affecté l’ensemble de la Grande Terre avec des vents de
force cyclonique ; seules les Loyauté ont été quelque peu épargnées, mais malgré
tout, à Maré, les vents maximum ont tout de même été supérieurs à ceux enregistrés
pour Béni Le passage d’Erica a été accompagné de pluies violentes,
mais la rapidité avec laquelle il a balayé la Grande Terre a limité la durée de
ces pluies torrentielles. Les données enregistrées font apparaître des forces
de vent exceptionnelles et les records ont été battus Ces records, établis
lors de passages de différents cyclones, ont presque tous été dépassés lors du
passage d’Erica Erica est donc un cyclone exceptionnellement violent et ravageur
pour la Nouvelle-Calédonie, tant par les vents enregistrés que par les zones affectées.
Durant l’épisode, le centre Météo-France de Nouméa a émis : - 10 bulletins spéciaux
pour la marine entre le 10 à 10 heures et le 15 à 07 heures, - 7 bulletins météorologiques
spéciaux destinés au public entre le 13 à 17 heures et le 14 à 17 heures - et
enfin 9 bulletins météorologiques d’alerte destinés à la sécurité civile entre
le 11 à 20 heures et le 15 à 07 heures Les dégâts Les dégâts ont été considérables,
essentiellement sur la Grande Terre et l'Ile des Pins. L'ensemble des infrastructures
ont été touchés, réseaux électriques et télécommunications, routes et bâtiments,
agriculture. Voici quelques chiffres qui donnent une idée de l'importance des
dégâts : Agriculture : Plus de 3 milliards CFP de dégâts déclarés qui se répartissent
comme suit : - Horticulture : 864 millions CFP (7,26 millions d'euros) - Polyculture,
élevage : 501 millions CFP (4,21 millions d'euros) - Cultures pérennes : 457 millions
CFP (3,84 millions d'euros) - Elevage bovin : 450 millions CFP (3,78 millions
d'euros) - Elevage de cervidés et petits ruminants : 238 millions CFP (2 millions
d'euros) - Cultures plein champ : 224 millions CFP (1,88 millions d'euros) - Elevage
hors sol : 186 millions CFP (1,56 millions d'euros) - Aquaculture : 137 millions
CFP (1,15 millions d'euros) - Polyculture : 52 millions CFP (0,44 millions d'euros)
- Arboriculture fruitière : 22 millions CFP (0,18 millions d'euros) - Autres élevages
: 5 millions CFP (0,04 millions d'euros) - Cultures maraîchères : 4 millions CFP
(0,03 millions d'euros) - Elevage de porcs : 2 millions CFP (0,02 millions d'euros)
- Cultures vivrières : 2 millions CFP (0,02 millions d'euros) Enercal (fournisseur
d'énergie électrique) : 1,2 milliard CFP (10 millions d'euros ) EEC (Eau et Electricité
de Calédonie) : 735 millions CFP dont 400 millions sur des éoliennes (6,16 millions
d'euros ) OPT (Office des Postes et Télécommunication) : 700 millions CFP (5,87
millions d'euros )
|